Il y a 50 ans, en 1968, la première publicité télévisée…

Ne faut-il pas voir, dans la publicité, la principale machine à produire de l’ignorance ? Toute cette « niaiserie » culturelle, que l’on doit à la publicité, encore embryonnaire  en 1968, que nous a-t-elle apporté ?

Je trouve pour ma part très étonnant, que ce 50ème anniversaire ait donné lieu à si peu de discussion. Car à l’heure où l’on parle de sobriété énergétique, de sobriété en matière de consommation aussi, c’était précisément le moment de s’interroger sur le rôle de la publicité, dans notre MANQUE de sobriété.

Cette première publicité, montrait un homme se levant le matin. Emporté par sa passion du Boursin, il s’élance frénétiquement vers son frigidaire, en criant « du boursin, du boursin ». Que va-t-il faire ? la publicité s’arrête au moment où la porte du frigidaire s’ouvre. On imagine qu’il va se jeter sur les fameux fromages, et s’en goinfrer.(0)

Or on a tous observé, en passant devant un « fast-food », que des gens (influençables) mangent maintenant à toute heure de la journée, et même pour se distraire. Qu’est ce qui a produit cela, sinon la publicité ? N’est ce pas grâce à elle que les bonnes règles de vie, consistant à se nourrir à heure fixe ont été abolies ? Selon l’OMS, il y avait 108 millions de diabétiques dans le monde en 1980, ils étaient 422 millions en 2016. Ne doit-on pas, au moins une partie de cette épidémie à la publicité ? Un joli cadeau, qu’elle nous a fait là, d’influencer les gens, pour qu’ils se rendent malades…(1)

On voit aussi dans ce petit reportage, les premiers seins nus, apparaissant en 1973 dans une publicité pour les collants DIM à la télévision. En dehors de toute considération d’ordre moral, au nom de laquelle « on ne montrerait pas ses seins, car ce n’est pas convenable », ne faut-il pas voir là le début de la marchandisation du corps des femmes ? Et comment ne pas voir la contradiction qu’il y a à vouloir lutter pour la condition des femmes, lorsqu’en même temps, on accepte que des ressources énormes soient consacrées à les réduire à des objets de désir déshumanisés : un corps, des seins, des fesses… ? Il serait peut-être un peu exagéré de dire, qu’on les a rabaissées au niveau du « boursin », mais pas tant que ça…

Ce qui était en 1968 à l’état embryonnaire, a pris aujourd’hui les dimensions d’une véritable folie collective. La publicité inonde littéralement tous les canaux de communication, radio, télévision, internet… le matraquage culturel est permanent. La croissance est-elle à ce prix ? Mais quelle société bâtissons-nous alors, si la croissance est à ce point artificielle ? Jusqu’à quel niveau d’aliénation, et de folie consumériste irons-nous ?

Il faut remarquer aussi, que la télévision des premiers âges existait sans avoir besoin des moyens financiers extraordinaires qu’elle exige aujourd’hui. On vient d’apprendre que la journaliste de Canal+  Maïtena Biraben vient de récupérer 3.3 millions d’euros au Prud’hommes, pour avoir été licenciée. Comment un préjudice de licenciement peut-il valoir à lui seul une telle somme, grâce à laquelle elle n’aura plus besoin de travailler pendant toute sa vie ?! C’est à la publicité qu’on le doit. Sans la publicité, à laquelle les émissions de Maïtena Biraben servaient d’intermèdes, le salaire pour son poste n’aurait jamais atteint un tel niveau (2). Il aurait été au niveau des salaires du début de la télévision, avant l’arrivée de la publicité.

Enfin il est inutile de préciser que lorsqu’un média culturel comme la télévision, est à ce point livré à la fonction de « faire valoir » des produits ou des services, il ne faut pas s’attendre à ce que ce média diffuse autre chose que des émissions racoleuses. C’est au contraire une véritable concurrence au racolage entre les médias qui s’installe pour attirer cette manne. Dans les foires d’autrefois, des gens peu scrupuleux exhibaient des femmes à barbe, des nains, ou des gens malade comme celui qui a inspiré le personnage de « The Elephant Man » (David Lynch, 1980). L’accaparement de la manne publicitaire induit le même genre de racolage dans les programmes : pendant qu’une chaîne montrera un personnage de télé-réalité en  train de manger ses crottes de nez, une chaîne concurrente fait inévitablement de la surenchère en montrant Loana et Jean-Edouard faisant l’amour dans une piscine. Une troisième exhibera des gens rendus fous par la publicité elle-même, au point d’en être devenus spectaculaires, par exemple des gens capables de manger 50 hamburgers d’affilée !

La publicité « dope » la production de l’ignorance. La sobriété attendra (avec l’effet de serre et tout le reste) que d’autres que moi s’émeuvent de cette absurdité.

(0) Cette première publicité avait le mérite de faire apparaître le rêve des fabricants en clair : il s’agissait de rendre FOU le consommateur. Quelques temps plus tard, S. Dali et ses moustaches entortillées ne nous disait-il pas « je suis FOU du chocolat Lanvin ».

(1) et qu’elle nous fait payer, car qui paie ces 3.3 milliards, évoqués dans ce petit reportage ? .. Le consommateur.

(2) Le salaire de Beraben à Canal + m’est inconnu, mais comme dans tout litige au Prud’Hommes, j’imagine qu’il a servi de base pour estimer son préjudice.

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Bouleversante altercation du Sénateur Flake dans un ascenseur

La nomination du juge Brett Kavanaugh à la cour suprême des Etats Unis, submerge d’émotion le peuple américain, et révolte les femmes (*), après les révélations de Christine Blasey Ford, devant le comité de sénateurs, chargé d’instruire la candidature de Kavanaugh.

L’audition bouleversante du Dr Ford, affirmant « under oath » (jurant sur la bible) qu’elle était sûre à 100% d’avoir été agressée sexuellement dans sa jeunesse, par Brett Kavanaugh et un autre homme nommé Marc Judge, ne semblait pas avoir  changé le rapport de force du vote en faveur de Kavanaugh dans le comité : 11 à 10.

Deux femmes n’acceptant pas que le comité ne réclame pas une investigation du FBI , interpellent  alors directement un des sénateurs républicains « anti-trump » du comité nommé Jeff Flake, en le bloquant dans un ascenseur.

L’une d’elle, nommée Maria Gallagher, 23 ans, lui dit en pleurs « that’s what you’re telling me right now, when you vote for him. Don’t look away from me ! Tell me that it doesn’t matter what happenend to me ! (…) »

(traduction : « c’est ce que vous me dites maintenant, quand vous votez pour lui. Ne détournez pas le regard ! Dites moi que cela n’a pas d’importance, ce qui m’est arrivé ! »)

Après quoi le sénateur Flake, change son fusil d’épaule devant le comité, et déclare, qu’il souhaite le report d’une semaine du vote, afin de laisser du temps pour le FBI  de mener une investigation !

 

  • une femme sur 3, et un homme sur 6 ont été victime d’un assaut sexuel aux USA

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Une semaine d’actualité …

l’Aquarius interdit d’accoster – stop- Munitions de guerre utilisées contre des migrants – stop – Attentat Végan contre un abattoir – stop – Meurtre du responsable de la police municipale à Rodez – stop – Attentat de grande ampleur déjoué aux Pays Bas – stop- ….

Chaque jour apparaissent de nouveau signes, indiquant une exacerbation des tensions. La précarisation, l’aggravation des inégalités, l’aliénation publicitaire, ou le productivisme qui sont à l’origine de tous ces actes incriminent le capitalisme. Nous ne voulons pas le voir. Les gouvernements, les journalistes se focalisent sur l’immigration, en dehors de toute mise en perspective…

28 septembre :
Une femme en détresse tentant de se suicider, tente d’assassiner le pompier venu à son secours, en tentant de le poignarder..

27 septembre :
– Un incendie criminel détruit un abattoir de 3000 m² à Haut-Valroney dans l’Ain. Les prémices d’un terrorisme Végan ?

– Un attentat de grande ampleur déjoué au pays bas, impliquant des ceintures d’explosifs, une voiture piégée, et des Kalashnikov AK47.

– débat Wauquiez-Philippe : le 1er ministre de la France discute avec Vaulquiez, malgré l’existence de ce tract nauséabond

– un homme de 39 ans excédé parce qu’on lui a retiré son chien, s’en prend au couteau au responsable de la police municipale de Rodez et le tue.

26 septembre 2018
– L’Aquarius se fait retirer son pavillon panaméen, il ne peut plus accoster. A bord, 58 rescapés, qu’une longue négociation a permis de répartir dans plusieurs pays européens. Sans pavillon, il ne pourra plus repartir au secours des migrants avant plusieurs semaines. (Voir cet article du Monde qui n’est pas choqué d’évoquer cette « longue négociation » sur l’accueil de …58 personnes. En quoi cela constitue-t-il une information, sauf si on veut en dénoncer le scandale ?)

– La marine marocaine ouvre le feu sur un « go fast » transportant des migrants vers l’Espagne : une femme de 22 ans tuée et deux blessés dont un grave, qui a dû être amputé. Au Maroc, un jeune sur trois de moins de 25 ans est au chômage, et depuis 2018, 38.000 personnes ont migré vers l’Espagne selon l’OIM.

– 400 migrants installent un camp de tentes au centre de Nantes, après avoir été exclus d’un autre endroit, pour des raisons sanitaires.

– E Macron rappelle que l’humanisme, ce n’est pas « les bons sentiments », et il rappelle la politique de la France qui est de « lutter contre les passeurs, et renvoyer dans leur pays les migrants économiques ».

Une manifestation de bouchers, d’éleveurs,et de charcutiers, manifestent contre les anti-pécistes dans les Yvelines.

24 septembre :
– le SAMU du Var équipe ses employés de gilets pare-balle. L’article du Figaro

12 septembre :

– Six personnes – cinq femmes et un homme- ont été arrêtées lundi et mardi dans le cadre de l’enquête sur les attaques de plusieurs commerces de viande.

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Capitalisme et Écologie : l’anschluss

Pourquoi un tel immobilisme en matière sociale et environnementale ? Les menaces n’ont jamais été aussi nombreuses, ni aussi largement divulguées, par la télévision, par l’Internet, par la Presse, et pourtant, rien ne semble devoir bouger, ou si peu, dans notre organisation sociale. Il y a là une sorte de paradoxe.

L’immobilisme est de deux ordres. Il y a celui des lois, et celui des idées.

L’immobilisme des lois, on le doit principalement à la pression sociale qui s’exerce sur les gouvernements. La démission de Nicolas Hulot a eu ceci de positif, qu’elle a révélé ce que peuvent être les discussions au sein d’un gouvernement, sans cesse partagé entre des impératifs à court terme, tels que la création d’emploi, l’investissement productif dans notre pays, le financement des services publics, et des enjeux à plus long terme tels que le climat, la protection de la biosphère, les atteintes à la biodiversité.

Mais il y a une deuxième sorte d’immobilisme : CELUI DES IDÉES, qu’illustre parfaitement, en ce moment, le débat autour du projet « MONTAGNE D’OR » en Guyane.

Chacun devrait s’interroger sur la totale absurdité de la situation la-bas. Dans ce pays déserté par l’activité (0), la SEULE ACTIVITÉ LÉGITIME consisterait donc à travailler à la mine par 40 degrés, et à se mettre au service d’actionnaires étrangers, pour une durée limitée (jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’or à extraire), en se résignant à la dégradation de l’environnement ?! Notre organisation sociale en est-elle au point d’avoir rendu l’activité si exclusive, qu’elle ne peut plus profiter durablement aux citoyens ? Que coûterait une maison en Guyane aujourd’hui, si ce n’est à peu de choses près, le prix du travail ?

Ne pas voir cela, est déjà en soi quelque chose d’extraordinaire, surtout de la part du personnel politique de l’écologie. En Guyane, Yannick Jadot ou Pascal Canfin n’évoquent qu’une seule alternative, celle d’un éventuel projet d’écotourisme. Or un tel projet n’est pas réaliste. On ne peut pas y voir autre chose qu’une hypocrisie. Où trouver des capitaux pour la Guyane , lorsqu’il reste une quantité d’hôtels à construire sur les plus belles plages du monde, en des endroits où le climat et la faune sont bien plus accueillants (1) ?!

Pour ces « écologistes de l’immobilisme », que les Guyanais se débrouillent donc, avec la catastrophe sociale ! et peu importe, que l’on se fasse attaquer au distributeur de billets à Saint-Laurent du Maroni !

Pour eux, il n’est pas question de s’engager en faveur d’une autre organisation sociale. Le modèle auquel ils se réfèrent demeure le capitalisme, qu’ils souhaitent juste « amender » de diverses Taxes, dispositifs de surveillance, ou interdictions. Ils crient très fort que « le niveau des mers va monter ! », ou que « les gaz à effet de serre nous feront bouillir ! », mais ils sont réticents à s’unir, pour changer quoi que ce soit. Et nous avançons ainsi, « à petits pas », vers l’abattoir social et environnemental !

Ce n’est pas pour leur déplaire. Ils (3) se satisfont assez bien de l’arrivée des temps derniers, car ce qu’ils attendent en fait, c’est d’être payés en retour pour leur combat (2), et que l’Histoire retienne d’eux qu’ils étaient les « justes », ceux qui dans l’Histoire de l’Humanité, ont été les premiers à crier « au loup » (4) ! En revanche, pour ce qui est de s’unir pour sortir des schémas économiques qui nous engluent, tel que le propose Paul Jorion, ils sont aux abonnés absents, ça ne les intéresse pas. Ils n’ont pas de proposition à faire pour Saint-Laurent du Maroni en Guyane, mais ils n’en ont pas non plus pour ailleurs, hormis celle de se donner le « beau rôle ».

Une attitude d’indifférence stérile, qui en fait des alliés objectifs du capitalisme, dans son entreprise de destruction sociale et environnementale. N’est-ce pas là une chose paradoxale, que de ne pas pouvoir compter sur les défenseurs de l’Environnement, pour espérer un jour sauver la biosphère et l’espèce humaine ?!

Il serait grand temps de mettre fin à « l’anschluss » entre le capitalisme et l’écologie.

Vincent Rey, findutravail.net

(0) En Guyanne, 44% des moins de 24 ans sont au chômage selon l’INSEE, donc sans aucune ressource.

(1) La Guyane un lieu de villégiature ? pourquoi y envoyait-on les bagnards ?

(2) ou pour ce qu’ils imaginent être un combat, car aucun combat ne peut avoir aussi peu d’influence sur le réel

(3) mettons Nicolas Hulot à part, en attendant d’en savoir plus sur son analyse

(4) l’Histoire retiendra au contraire cette chose un peu ridicule, qu’il existait de naïfs soutiens du capitalisme financier, qui ont poussé jusqu’à la fin des cris d’orfraie.

Environnement : choisir entre la catastrophe humaine et la catastrophe environnementale

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« Qu’est ce qui fait partie de la solution, et qu’est ce qui fait partie du problème ? » David Graeber a défriché la question !

Le 28 août dernier, Nicolas Hulot qui venait de démissionner, évoquait le porte-container gigantesque « Saint-Exupery ». Il appelait à oublier un peu la prouesse technologique et les quelques emplois créés, et à s’interroger plutôt sur l’opportunité de construire un tel engin, invitant chacun à se demander « ce qui fait partie de la solution, et ce qui fait partie du problème ». Continuer la lecture de « Qu’est ce qui fait partie de la solution, et qu’est ce qui fait partie du problème ? » David Graeber a défriché la question !

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Un magouilleur au « perchoir » ! On comprend tout à coup, le dégoût de M Hulot…

Ils ont osé !

Les députés « En Marche » ont osé désigner Richard Ferrand à la Présidence de l’Assemblée Nationale !

Que dire ? On reste sans voix. Ce type a en outre un applomb incroyable. Alors que n’importe qui d’autre, convaincu de magouilles pareilles se serait caché sous le tapis, ce type plastronne, et affirme à qui veut l’entendre « qu’il a sa conscience pour lui » !
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Richard Ferrand Président de l’Assemblée Nationale ? Mais d’où vient cette odeur de pourri ?

Les députés EN MARCHE viennent de se déshonorer, en proposant Richard Ferrand comme candidat à la PRESIDENCE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE. Rappelons que le Président de l’Assemblée Nationale, est le 4ème plus haut personnage de l’Etat français, dans l’ordre de la préséance (0) !

Où est-elle, la République exemplaire promise par Emmanuel Macron, à l’heure où Nicolas Hulot dénonce les pressions de toutes sortes, si on laisse s’asseoir, dans le fauteuil le plus symbolique de notre démocratie, un affairiste véreux comme M Ferrand ?
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Démission de Nicolas Hulot : la question que nous ne devrions pas cesser de discuter.

La démission spontanée de Nicolas Hulot(0) pose une question fondamentale : NOTRE SYSTEME ECONOMIQUE EST-IL COMPATIBLE AVEC LA SURVIE DE L’ESPECE, une question dont nous ne devrions pas cesser de discuter.
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Kamel Salhi, Trappes, 23 août 2018 : ‘vrai’ terrorisme, ou l’acte d’un déséquilibré ?

Ce jeudi 23 Août 2018 à Trappes, un homme de 36 ans, fiché S, sans profession nommé Kamel Sahli, a exécuté au couteau sa sœur et sa mère (avec qui il avait une querelle d’héritage suite à la mort de son père), puis une autre femme qu’il a laissée entre la vie et la mort. Il s’est alors dirigé vers les policiers, qui après les sommations d’usage, ont fait usage de leurs armes, provoquant son décès. Continuer la lecture de Kamel Salhi, Trappes, 23 août 2018 : ‘vrai’ terrorisme, ou l’acte d’un déséquilibré ?

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