Sur la responsabilité des robots, retour sur le cas de Elaine Herzberg

ce billet est une réaction à la L’INTERVENTION DE PAUL JORION À LA COUR DE CASSATION LE 26 NOVEMBRE 2018 : « INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : RESPONSABILITÉ ET IMPUTABILITÉ »

Il y a quelque chose qui révolte l’esprit, dans l’idée de laisser une machine faire un choix de vie ou de mort. C’est sans doute que le prix de la vie ne peut pas être quantifié, et donc comparé dans un ordinateur pour faire un choix.

On ne peut pas accepter qu’une machine compare par exemple, [2 vieillards] et [un enfant], pour choisir de tuer les premiers plutôt que le second, parce qu’on lui laisse alors une prérogative, qu’il est moralement inacceptable de laisser à une machine.

On pardonnera à un homme d’avoir dû faire le choix terrible, de choisir ces 2 vieillards plutôt que l’enfant, et on lui reconnaîtra des circonstances atténuantes, d’avoir opté pour l’un ou pour l’autre dans cette terrible situation. On pardonnera plus difficilement à une machine de l’avoir « calculé », parce que dans ce calcul, il y aura une sorte de préméditation du programmeur de la machine, à qui on aura demandé d’estimer le prix de la vie, selon ses propres critères.

C’est pourquoi je pense que le programmeur du véhicule Uber doit être jugé responsable pour la mort de Elaine Herzberg, cette femme qui avait été tuée en Pensylvanie, et qui avait traversé avec son vélo, devant une voiture robotisée de Uber.

Le programmeur, du moins celui à qui on a confié le travail de quantifier la probabilité du [vivant ou non vivant] et [humain ou non humain] qui déclenchait le freinage, a commis un acte qui pour moi, relève de la préméditation. Uber peut également être jugé responsable, pour avoir testé son véhicule dans le monde réel plutôt que dans un simulateur. Je ne crois pas par contre, qu’on puisse incriminer la conductrice car l’automatisme la plaçait nécessairement dans une situation d’attente que l’on sait propice à la non-vigilance.

Cependant, il y a fort à parier, que si ça se gâte devant les tribunaux, Uber va tenter de lui faire porter le chapeau. Sa présence à bord servait sans doute à ça : à défausser la responsabilité de Uber sur quelqu’un d’autre. On lui versait un salaire, pour que le cas échéant, la firme puisse se libérer de sa responsabilité pénale.

Vincent Rey
findutravail.net

Centenaire du 11 novembre 1918

Émouvante cérémonie, ce dimanche, pour marquer le centenaire de la fin de cette immense boucherie, que fut la guerre de 1918.

Samedi Emmanuel Macron avait invité Angela Merkel dans le wagon de Compiègne. L’initiative était un peu maladroite, et anachronique pour les allemands d’aujourd’hui. Cela s’est ressenti dans l’attitude gênée d’A Merkel, qui avait un peu l’impression de signer l’armistice de 1918 pour la seconde fois. Les allemands d’aujourd’hui, ne peuvent être tenus pour responsables de ce qui s’est passé il y a un siècle.

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Attentat suicide : Scott Paul Beierle, alias « Scott Carniflex » nouveau terroriste INCEL…

Qui était Scott Paul Beierle ?

On sait de lui qu’il avait été arrêté 2 fois, une première fois en 2012 après avoir saisi une jeune femme à la cantine du campus de l’université de Floride à Tallahassee, et une deuxième fois en 2016 dans un complexe d’appartements de Tallahassee, pour avoir saisi les fesses d’une jeune femme en train de prendre un bain de soleil, après qu’elle ait décliné sa proposition de lui mette de la crème. Continuer la lecture de Attentat suicide : Scott Paul Beierle, alias « Scott Carniflex » nouveau terroriste INCEL…

Quel est le montant des aides publiques, pour soutenir l’activité en France ?

Depuis plusieurs années, des sommes considérables sont distribuées par les administrations publiques, pour soutenir l’activité en France ou en région. Ce nouveau prélèvement, qui intervient en amont de l’activité marchande, nos élus l’acceptent volontiers comme un moindre mal, puisqu’il s’agit pour eux, de lutter contre le chômage, et de venir en aide aux concitoyens qui les ont élus. Continuer la lecture de Quel est le montant des aides publiques, pour soutenir l’activité en France ?

En avant toute vers l’Apartheid économique, avec Bolsonaro.

Jaïr Bolsonaro, vient d’être élu au brésil par 55% des suffrages ! Le Brésil était pourtant le B des BRICS, ce pays qui était, selon les dires de certains économistes, le « fer de lance » d’un capitalisme nouveau, et une base solide de la croissance mondiale…

Le capitalisme après un « big bang » de 2 siècles favorisant l’émergence de la démocratie, aurait-il entamé un « big crunch » liberticide ?
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Robert Bowers : 11 morts dans une synagogue à Pittsburgh. Vers un terrorisme quotidien ?

Les attaques se multiplient aux USA.

Vendredi , on arrêtait Cesar Sayoc, qui avait laissé ses empreintes digitales sur un des colis explosifs, destinés à diverses personnalités démocrates de haut rang, dont B Obama et H Clinton.

Aujourd’hui dimanche, on connait l’identité de l’auteur d’une attaque suicide contre une synagogue à Pittsburgh, qui a fait 11 morts, dont 4 policiers. Un chauffeur de poids-lourd, nommé Robert Bowers, 46 ans, qui ressassait des idées antisémites sur son réseau social suprématiste favori, et qui s’est subitement radicalisé.
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Cesar Sayoc, un homme de plus, que le capitalisme a rendu fou.

On en sait plus sur Cesar Sayoc, l’emetteur probable des 13 colis piégés, contenant des explosifs, envoyés à divers responsables démocrates, dont Hilary Clinton, et B Obama, G Soros…

L’homme est à ranger dans la catégorie des terroristes, même s’il est présenté comme un « déséquilibré », en vertu du principe généralement admis, qu’ hors de l’islamisme, il ne saurait y avoir de terrorisme.

Selon un article du Washington Post, Cesar Sayoc, 56 ans, a enchaîné des petits jobs. Ses cousins et proches disent qu’il aurait ingurgité pas mal de steroïdes, et qu’il est « musclé comme une bête ». Il aurait exercé pendant un temps un emploi de strip-teaser masculin, aurait aussi menacé en 2002 d’attenter à l’alimentation électrique de la Floride. Dernièrement, il était livreur de pizzas, avec son véhicule personnel, un van blanc décoré d’images bizarres, des mannequins et des poupées sans têtes, ainsi que des représentations du Klu Klux Klan, que son manager lui demandait de cacher, lors des livraisons, pour ne pas faire mauvais effet.

Depuis la candidature de Trump, Sayoc donnait l’impression de « se lâcher », affirmant en particulier que « s’il n’en tenait qu’à lui, pas un seul de ces gays ou noirs ne resterait vivant ».

Bref, tout le profil d’un individu « largué » par la société capitaliste, en mal d’existence médiatique, fournissant depuis quelques années les rangs de terrorismes en tous genres, islamiste, incel, antisémite, suprématiste, anti-establishment…

On ne peut qu’être frappé de la ressemblance de Sayoc avec Thomas Mair, l’assassin anglais de la députée Jo Cox, peu avant le vote pour le Brexit. La même errance professionnelle, la même rancœur que vient libérer soudain, une proposition politique racoleuse, libérant tout à coup la violence.

Cesar Sayoc, par chance pour lui, n’a pas de sang sur les mains, car semble-t-il, certains de ses engins auraient vraiment pu exploser. Il serait cependant plus que temps d’accepter de voir, dans les multiples dimensions du terrorisme, la responsabilité du capitalisme, en dénonçant en particulier deux de ses aspects :

  • sa propension à faire disparaître le travail,
  • et l’aliénation que produit la culture de la publicité

Un cocktail explosif,  donnant l’impression aux individus modestes qu’ils ne sont rien, qu’ils sont persécutés, seuls au monde, et qu’ils ne peuvent renouer avec une forme de réciprocité(1) avec la société que par le seul moyen de la violence.

Vincent Rey, findutravail.net

(1) en référence avec les 3 formes de réciprocité, qu’évoque fréquemment P Joion : l’absence de réciprocité (tu n’es qu’un chien), la réciprocité positive (si on te donne une claque, tends l’autre joue), et la réciprocité négative (oeil pour oeil, dent pour dent)

Capitulation en rase campagne du PDG de Radio France

Il y a une semaine de cela, je m’étonnais de voir combien l’anniversaire des 50 ans de la première publicité télévisée, avait donné lieu à si peu d’analyse (1). La publicité doit-elle rester hors de l’analyse des problèmes qui nous touchent aujourd’hui ? environnement, culture,  atteintes aux femmes ?

En matière d’Environnement, au moins, la question méritait d’être posée. 15000 scientifiques du monde entier, ne nous avaient-ils pas rappelés en 2017 que nous sommes sur une « trajectoire de collision avec notre environnement », enjoignant l’Humanité à passer le plus vite possible, à un mode de vie plus sobre ?

Or la publicité ne vise-t-elle pas au contraire à nous faire consommer d’avantage, et donc à nous rendre moins sobre ?

L’intervention de Sybille Veil, PDG de Radio France ce mercredi 10 octobre(2) est pour le moins choquante, lorsqu’elle dit « pour moi la publicité qui est sur nos antennes, ce n’est pas un sujet (…) ». Car s’il devient de plus en plus clair, que nous devrons mener une guerre pour la sauvegarde de l’Environnement, la déferlante de publicité depuis 2 ans sur les ondes de France-Inter révèle une très grande contradiction : d’un côté la chaîne se positionne clairement en faveur de l’environnement, de l’autre, elle livre ses ondes à la publicité, ce qui va manifestement à l’encontre de cette ambition de sobriété.

On a en outre appris que cette publicité « dynamique » (ce sont ses termes) sur France Inter, avait rapporté plus de 42 millions d’euros, qui sont très utiles, nous dit Mme Veil, « pour qu’on ait des ressources suffisantes pour proposer des programmes de qualité », avant d’ajouter « C’est le succès qu’on a eu qui nous permet d’avoir des recettes dynamiques…et je trouve que nous inciter à avoir du succès, c’est quelque chose qui est plutôt positif ». De tels propos sont d’une hypocrisie consommée, pour les gens de mon âge, qui ont vu le déclin qualitatif de TF1…

S’il y a bien un lieu où la publicité devient insupportable, c’est sur le service public, car l’auditeur de France-Inter qui paie sa redevance a inévitablement l’impression qu’elle profite en partie à des sociétés privées. Il participe déjà au financement de la publicité, généralement à hauteur de 2% sur le montant de sa consommation, ce qu’il est déjà en droit de trouver inutile. Mais il y participe une seconde fois en payant sa redevance, qui devient alors, une sorte de subvention pour ces annonceurs.

Pourtant, selon Sybille Veil, la publicité « ne gênerait pas l’écoute, c’est ce que nous disent nos auditeurs, dans les différentes enquêtes qu’on a pu mener depuis 2 ans, depuis que les règles ont changé sur la publicité (…) ». On demande à lire ces enquêtes, car si jamais cette affirmation n’était pas vérifiée, Mme Veil aurait utilisé elle-même un procédé publicitaire, en brandissant mensongèrement cette majorité…(3)

Une bien drôle de façon de « remettre le public, au centre de notre attention« . Mais on comprend très bien que c’est le public de consommateurs qui est désormais le centre de l’attention de Radio France, et non pas le public de terriens.

Appelons cela plutôt une capitulation en rase campagne de Radio France, devant les dégâts futurs du capitalisme publicitaire et financier.

(1) Il y a 50 ans, en 1968, la première publicité télévisée…
(2) « l’INSTANT M », France Inter Mercredi 10 octobre
(3) Faire valider mensonge en prétendant qu’une majorité y croit, est un procédé classique de ce que Noam Chomsky nomme la « fabrication du consentement »