Ecologie de surface ou Ecologie de fond ? L’exemple des perturbateurs endocriniens.

Selon François Veillerette de Générations Futures, qui cite une étude de l’Endocrine Society, une société savante internationale regroupant 18000 endocrinologues, les perturbateurs endocriniens vont entraîner non seulement des maladies, mais aussi des coûts de santé faramineux : 180 milliards par an en Europe ! 15 à 20 milliards par an pour la France seule ! (0)

« Le plus précoce l’exposition, le plus grave les effets » notamment pendant l’organo-génèse. Il s’ensuivra des cancers, des maladies neuro-comportementales, selon Barbara Demeneix, endocrinologue, directrice de recherche au CNRS. Barbara Demeneix qui est spécialiste du développent du cerveau, dit qu’il est maintenant bien démontré, que l’exposition précoce aux PCBs peut entraîner une diminution de 5 points du quotient intellectuel.

Les perturbateurs (bisphénols, phtalates, solvants, parabènes) sont présents dans toutes sortes de produits, tels que les emballages plastiques, les poêles anti-adhésives, les tissus retardateurs de feu, les peintures, les solvants, les colles, les cosmétiques, les crèmes solaires…On peut cependant « diminuer son imprégnation » en aérant bien les locaux, en utilisant des contenants alimentaires neutres, comme le verre ou l’inox, et en évitant les cosmétiques « complexes ».

Partant de ce constat désastreux, aussi bien sanitaire qu’économique, on peut avoir deux sortes de politique publiques, la première de surface, la seconde de fond :

Une politique de surface consistera à protester contre les perturbateurs, à les taxer, à augmenter leur TVA, à trier ses déchets plastiques, à consigner les bouteilles en plastiques, à inviter les citoyens, notamment les femmes enceintes  à aérer régulièrement leurs locaux (1), et à laisser le marché tranquille une fois ces mesures  prises.

Une politique de fond consisterait à :

D’abord établir une véritable égalité d’influence entre le discours des endocrinologues et l’influence exercée par le marché, notamment toutes les publicités pour les cosmétiques qui abondent sur toutes les chaînes de télévision (16% du chiffre d’affaire des cosmétiques est consacré à cette influence).

Ensuite à imposer la vente en vrac dans tous les lieux de vente, car il n’y a rien d’impossible à imposer par exemple à Evian, d’installer des bonbonnes en verre dans les supermarchés, pour que les gens remplissent des bouteilles en verre avec cette eau, et généraliser ce système à tous les emballages plastiques alimentaires distribués sur le territoire.

Enfin à reprendre un contrôle démocratique de l’initiative économique : si Belin décide de créer un nouveau biscuit, avoir un droit de regard (ou même de véto) sur sa mise sur le marché, et les conditions de sa production et de sa distribution dans les magasins. Peu d’impact positif à en attendre dans le cas des biscuits, mais énormément d’impact pour ce qui serait du Nucléaire, en favorisant par exemple, l’essor du nucléaire sans déchets (2).

Vincent Rey
findutravail.net

(0) Le téléphone sonne du 6 septembre 2019

(1) La qualité de l’air est une donnée fondamentale pour se protéger des perturbateurs endocriniens. Or on ne peut pas vouloir à la fois une isolation parfaite visant à faire circuler l’air en circuit fermé dans la maison, et une aération régulière. N’est ce pas pourtant ce que vise la « rénovation énergétique des logements » ?

(2) Nucléaire à combustible liquide : voir le documentaire « Thorium, la face gâchée du nucléaire ».

(3) le film « le fils de l’Homme » de Alfonso Cuaron, imagine un monde ou les femmes ont perdu toute fertilité.

 

 

 

 

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