Boris Johnson, alias « BoJo » se compare-t-il à Winston Churchill ?

Royaume uni, Etats Unis, Italie, Brésil, Pays arabes, Israël, France, Allemagne, Belgique… les peuples du monde entrent les uns après les autres dans l’incompréhension.

Les britanniques, en particulier, se demandent ce qui leur arrive… Comment ? la « démocratie » n’apporterait plus de solution ? Même après un vote protestataire aussi « décalant » que le Brexit, il n’y aurait pas d’alternative au chaos ? Qui sont donc les coupables, si ce ne sont pas l’Europe et les bureaucrates européens ?

Les voila qui en désespoir de cause ont porté Boris Johnson au « pouvoir », un homme dont les grimaces rigolardes et la figure décoiffée très calculée, travaille une image d’ « homme libre ».

Mais en dépit des apparences, Boris Johnson n’est pas Winston Churchill…

S’il avait réellement l’esprit indépendant de Winston Churchill, il aurait compris et dit aux anglais que l’appartenance à l’Union Européenne ne pouvait pas être la cause d’un problème, qui se pose aussi bien aux USAs, au Brésil, ou en Italie, en Israël, aux philippines, et à peu près partout dans le monde…

Winston Churchill est connu pour avoir compris avant les autres qu’ Hitler menait tout le monde en bateau, en attendant d’attaquer l’Europe. A la différence de Neville Chamberlain, qui voulait croire ce que la majorité du peuple anglais « espérait » (la paix pour l’Angleterre). Les mêmes signes étaient pourtant devant les yeux des deux hommes : l’annexion de l’Autriche, l’invasion des sudètes, une fuite dans l’armement sans financement, plusieurs renoncements successifs de Hitler à sa parole, et tout son programme dans « Mein Kampf » !

Tous les signes sont devant nos yeux aujourd’hui, désignant l’ultra-libéralisme. Et pourtant bien peu d’hommes acceptent de les voir. Et que font les hommes politiques médiocres devant les pires solutions qu’imagine le peuple, telle que le Brexit, le Frexit, ou l’immigration ? Ils choisissent de leur emboîter le pas. Quant à regarder en face les pires aspects du libéralisme, tels que la pollution ou la raréfaction du travail humain, il n’en est pas question !

Boris Johnson, tout décoiffé et grimaçant qu’il est, n’est pas si différent de Chamberlain. Pendant la campagne pour le Brexit, il est de ceux qui ont fait croire aux anglais qu’ils devaient à tout prix sortir de l’Europe, alors que tout montre aujourd’hui que c’était une diversion, et qu’il n’y a rien de significatif à en attendre, pour la majorité des citoyens britanniques.

« BoJo » a pourtant les mêmes signes que d’autres sous les yeux, désignant cet ultra-libéralisme : dégâts sur l’environnement directement imputables à la concurrence, disparition du travail dans tous les pays industriels, une finance folle où les afflux de liquidités tournent en rond en dehors de l’économie réelle, accroissement régulier des inégalités, des citoyens de plus en plus esseulés, tiraillés entre des injonctions incessantes à consommer et le manque de moyens, chez qui l’absence d’espoir et la frustration cède de plus en plus souvent la place à la violence contre d’autres pauvres, ou contre le reste de la société qui consent à leur exclusion.

Pourtant, avec d’autres hommes politiques médiocres dans son genre, décoiffés ou non (1) , « Bojo » fait sienne cette supercherie politique, consistant à faire croire aux gens que défendre ce libéralisme dérégulé, et défendre la démocratie, c’est la même chose. 

Mais si la démocratie et l’ultra-libéralisme c’est la même chose, alors pourquoi cette « démocratie » nous mène-t-elle vers le contraire de ce que la majorité des gens souhaitent ? : la préservation de l’environnement, et la construction d’une vie digne, permettant de se projeter dans l’avenir. Comment expliquer ce décalage de plus en plus prononcé, au fur et à mesure que le temps passe ?

Qui donc veut cesser d’être aveugle, avec un esprit totalement libre, pour regarder les choses en face, à la manière de Winston Churchill ?

Certainement pas Boris Johnson, ou Donald Trump !

TOPSHOT – US President Donald Trump (2nd L) and Britain’s Prime Minister Boris Johnson (2nd R) attend a working breakfast in Biarritz, south-west France on August 25, 2019, on the second day of the annual G7 Summit attended by the leaders of the world’s seven richest democracies, Britain, Canada, France, Germany, Italy, Japan and the United States. / AFP / Nicholas Kamm

(1) Moins décoiffé, Emmanuel Macron excelle à entretenir ce mythe, que la « Résistance » consiste à défendre l’ultra-libéralisme.

Vincent Rey
findutravail.neta

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *