Le GIEC : un « machin » pour se rassurer, et continuer nos petites affaires…

Toutes proportions gardées, je vois beaucoup de similitudes entre ce qui s’est passé à Blois en 2005, avec l’Observatoire Loire, et ce qui se passe aujourd’hui avec le GIEC.

En 2005 à Blois, Maurice Leroy avec l’accord unanime des conseillers généraux du Loir et Cher décidait d »effacer » (comprendre « détruire ») un barrage mobile qui n’était relevé que pour quelques mois en été, après le passage des poissons migrateurs (1). L’Observatoire Loire de Blois, une association municipale très subventionnée  (peut-être pas autant que le Giec, mais tout de même..) avait pris la tête de cette « croisade » contre l’édifice, aidé en cela par plusieurs associations environnementales parmi lesquelles le WWF, Logrami (2), et France Nature Environnement. Tous prétendaient de concert que le barrage portait un préjudice grave aux poissons migrateurs, en s’appuyant sur les expertises « scientifiques » incontestables des pêcheurs « à la mouche » de Logrami.

J’avais eu alors le sentiment, que ce barrage n’était pas visé pour des raisons scientifiques, mais très clairement pour des raisons idéologiques. Il s’agissait, du moins c’est comme ça que j’analysais alors les choses, de donner une réponse publique à l’inquiétude environnementale, et au consensus « anti-barrage » et « pro-vélo » sur la Loire. Le tout se rangeait derrière un slogan « bien-pensant », qui était de « laisser libre cours aux poissons migrateurs ».

En 2019, 14 ans après cette destruction financée à 40% par l’Europe (au nom je cite, de la «démarche d’excellence pour la restauration des poissons migrateurs»), les résultats ne sont pas là : aucune famille de poisson n’a profité de cette destruction (les ingrats), et c’est même assez catastrophique, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous.

Nous avons donc à Blois, un très bel exemple de « pseudo science » bien-pensante, soutenu par des associations écologistes réputées, qui au lieu de s’informer comme il faut sur un dossier, ont voulu s’occuper elles-même, de soulager directement les poissons. Le WWF, FNE, LOGRAMI, L’observatoire Loire de Blois, tous prétendaient être du bon côté de la science et de la défense de la Nature

Je ne prétends pas bien sûr que les résultats auraient été meilleurs en conservant ce barrage mobile, mais je dis par contre, qu’un processus comparable est à l’oeuvre à l’échelle du monde avec le GIEC. Car le GIEC joue exactement le même rôle : son existence, ses travaux, ses rapports, sont une contrepartie publique donnée à l’inquiétude mondiale sur le climat.

L’existence de cette « science officielle » et bien-pensante du GIEC, on peut tenter de l’expliquer en une phrase :

« Depuis qu’il existe un consensus assez large dans la population pour relier Voiture et CO², et pour suspecter que c’est le CO² émis par l’Homme qui est la cause du réchauffement climatique, l’idée d’offrir une contre-partie publique importante à cette inquiétude en finançant et en donnant une large place dans le débat public à une organisation internationale comme le GIEC se justifie, indépendamment de la façon dont peuvent évoluer les recherches en climatologie, et tant que ce consensus existe ».

En d’autres termes, le GIEC donne un corps, et une « existence médiatique » à l’inquiétude internationale sur le climat, pour que cette inquiétude puisse prendre sa juste place dans la « comédie humaine » que nous jouons tous ensemble, en participant au débat public. Du coup, le désaccord sur les effets du CO² sur l’atmosphère, lorsqu’il existe, n’est plus un simple désaccord : il indique que vous n’adhérez pas à ce consensus général contre le CO² humain, contre la voiture, l’avion, et tout ce que cela peut symboliser (industrie, etc). Vous êtes alors rapidement banni, et l’objet de quelques insultes au passage…Comment expliquer autrement cette unanimité, exigée par certains « fanatiques » du réchauffement anthropique, que révèle par exemple ce genre de discours :  » LE CO² VA TOUS NOUS TUER, IL N’Y A AUCUNE DISCUSSION POSSIBLE, ET IL FAUT MAINTENANT CESSER D’ÊTRE GENTIL AVEC LES GENS QUI PRÉTENDENT LE CONTRAIRE ! « .

Evidemment cette exigence d’unanimité ne peut pas être scientifique, lorsqu’on parle d’une discipline aussi balbutiante que la climatologie.

Quel que soit le rôle qu’on donne au CO² dans le réchauffement de l’atmosphère, si on juge exacte cette idée que le GIEC est une « contrepartie publique à une inquiétude », on comprend alors, qu’en changeant d’avis sur le CO², le GIEC sortirait des rails idéologiques sur lesquels on l’a lancé à grands frais. Il serait alors sévèrement jugé, car changer d’analyse en science, ça arrive souvent suite à de nouvelles mesures ou à de nouvelles observations. Par contre, changer de position idéologique, c’est nettement plus critiqué : on accuserait vivement M Jouzel de « retourner sa veste », ou d’être devenu à son tour un « négationniste du réchauffement » !

Et d’ailleurs, Jean Jouzel, porte-parole français du GIEC, ne donne-t-il pas souvent l’impression, d’être « prisonnier » du rôle idéologique que la sphère publique a voulu donner au GIEC ?

Par ailleurs, les gens qui adhèrent fermement à cette causalité « voiture => CO² => réchauffement », et qui entendent vous la faire rentrer dans le crâne, ne devraient-ils pas plutôt s’insurger avec la même énergie de voir cohabiter en même temps à la télévision les prévisions apocalyptiques du GIEC incriminant le CO², et des publicités pour des SUV, ou des voyages en avion ? N’est-il pas étonnant, ou même absurde, que l’alarmisme le plus absolu concernant le CO² ou le Nucléaire, côtoie de la sorte les injonctions les plus pressantes à consommer du pétrole ou de l’énergie par tous les moyens…? 

Ce n’est pas si absurde, une fois qu’on a entrevu ce qui est sans doute le véritable rôle du GIEC, tel qu’il s’immisce de plus en plus dans notre univers d’informations. Son rôle officiel est comme on le sait d’inspirer des politiques publiques compatibles avec le développement durable. Inutile de dire qu’on ne « sent rien », et que c’est bien le capitalisme qui tient les rennes du pouvoir (lequel se fiche bien de tout ce que peut dire ou écrire le GIEC !). Mais son rôle officieux, lui, on commence à très bien le sentir : il est de permettre aux gens de croire qu’ils se sont RANGÉS DU BON COTE DE L’HISTOIRE. Le Giec, cette « institution de la science officielle bien-pensante », leur permet d’EXPRIMER à leur place, et mieux qu’ils ne pourraient le faire, le souci réel qu’ils ont pour le climat, et la planète (3). C’est un rôle cathartique d’exutoire, qui au passage, détourne notre attention des autres dégâts écologiques et sociaux du capitalisme. Et puis le GIEC a un deuxième rôle officieux, que ne dédaigne certainement pas les intérêts capitalistes, qui est d’installer dans nos esprits l’idée  que « nous sommes tous coupables » (alors que c’est le système capitaliste lui-même qui l’est !), et que « nous devons tous changer, pour ne pas être condamnés », par exemple en subventionnant les voitures électriques (primes à la casse), les pompes à chaleur, les panneaux solaires, les pistes cyclables, etc… histoire de continuer à faire marcher le commerce.

Voila le genre de politique publique, que peut inspirer le GIEC ! En soutenant cette « science officielle », on s’imagine défendre l’environnement et la planète, alors qu’on ne fait que participer bruyamment et collectivement à la VERBALISATION de l’inquiétude climatique, pour nous en extraire, et continuer nos petites affaires!

Le président Macron n’est-il pas la meilleure illustration de ce double discours ? Il se pose mondialement en défenseur vigoureux du GIEC et de la COP21, mais il oeuvre « en même temps », à des fins de croissance, pour que 100 millions de touristes par an foulent le sol français d’ici à 2020 ! (4) Absurdité totale, pour qui entend lutter contre le CO² !

Heureusement qu’il a le GIEC, à défendre publiquement, sinon ce serait mal…

Vincent Rey
findutravail.net

(1) Une étude indépendante est obligatoire avant de détruire un tel édifice. Elle avait été confiée à un scientifique spécialiste des ressources halieutiques de la Société du Canal de Provence, qui avait conclu que le barrage mobile, tel qu’il était relevé, était inoffensif aux poissons migrateurs.

(2) Logrami : Loire Grands Migrateurs, association de pêcheurs à la ligne.

(3) de même qu’à Blois, la prise de position « contre le barrage mobile » permettait d’exprimer clairement, et bruyamment son positionnement « pour les poissons ».

(4) E Macron veut 100 millions de touristes en France en 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *