PRO GIEC ou ANTI GIEC, l’affaire Dreyfus des temps modernes ?

Alors qu’on attend aujourd’hui le dernier rapport du GIEC à Genève, je me suis demandé cette nuit, si cette histoire du co² (1), n’est pas notre « AFFAIRE DREYFUS » du 21ème siècle. Le CLIMAT n’est-il pas devenu le « centre de gravité » de tous les questionnements, tout comme ce fut le cas pour la question de la RACE, à partir de la fin du 19ème siècle ?


Il y a tant d’émotivité dans toute cette histoire, les gens s’insultent, se dénigrent, se traitent de négationnistes… chacun doit se « DÉCLARER » « climato-croyant » ou climato-sceptique », comme jadis ont devait se déclarer « Dreyfusard » ou « anti-Dreyfusard ». En se mettant ainsi à nu, chacun sait alors à qui il a affaire, et peut ranger ses compatriotes dans un camp… : « Ah oui untel ! c’est un climato-sceptique notoire », ou « Ah oui cet autre là, il veut tout arrêter et  nous faire revenir à l’homme des cavernes ! »…

Je ne sais pas ce qu’en disent les historiens, mais il me semble que ces emballements de l’émotion en France, lorsqu’ils se produisent, ouvrent des espaces de réflexion ou de discussion, qui ont des aspects positifs : est-ce qu’on ne peut pas penser, par exemple, que l’affaire Dreyfus, en focalisant les français dès 1895 sur la question raciale, a contribué à désamorcer d’une certaine manière, l’illusion scientifique et le fanatisme racial qui était là en germe, auxquels les allemands eux, n’ont pas échappé ?

Une autre question à se poser est celle-ci : de quel côté serait aujourd’hui Emile Zola, qui avait alors rué dans les brancards, avec son célèbre article « J’ACCUSE ! » ? Assurément du côté de la vérité, et je vous laisse juge de déterminer qui sont ceux, des PRO-GIEC ou des ANTI-GIEC, qui « tordent » la vérité pour la faire coller à tout prix à l’idée qu’il veulent imposer. Il me semble qu’en excellent journaliste qu’il était, il n’aurait pas manqué de remarquer l’extraordinaire prosélytisme des « partisans » du réchauffement climatique anthropique…

Et quelle est-elle cette nouvelle idée, ce nouveau centre de gravité ? La culpabilité de l’Homme, bien sûr. Vous êtes PRO-GIEC, la culpabilité de l’Homme vous est acquise, et nous allons inéluctablement vers l’apocalypse qu’anticipe le film « Soleil Vert » (2). Tandis que si vous êtes ANTI-GIEC, l’Homme n’est en rien responsable du réchauffement climatique, il n’y a même peut-être pas de réchauffement du tout, et chacun peut donc continuer à faire ses petites affaires, selon l’adage « Business as Usual ».

C’est trop simple de mon point de vue. L’avenir de l’Homme, ou la survenue de problèmes environnementaux très graves ne se limite pas, loin de là, à la seule question du réchauffement climatique. Je vois aussi quelque chose de néfaste, à entretenir cette hyper-focalisation sur la question du réchauffement, car l’espace médiatique pris, et l’émotion énorme suscitée par ce débat, nous empêchent précisément de mesurer à leur juste intensité, les AUTRES RISQUES du « Business as usual », qui sont à la fois certains et nombreux, et qui devraient nous conduire à remettre en cause immédiatement le modèle capitaliste : citons rapidement le « peak oil », la complexité, les crises sociales et financières, l’augmentation des inégalités, les dettes privées et publiques, l’inactivité croissante des peuples développés, les subventions énormes données pour préserver l’activité, les emballages, tous les gaspillages (notamment d’énergie), la pauvreté et tout ses dérivés, la délinquance, l’hyper-surveillance, les braconnages, la concurrence et notre impuissance à diriger l’innovation, pour préserver des intérêts attendus.

N’en jetez plus !

Vincent Rey
findutravail.net

(1) qui m’a récemment valu une interdiction de commenter le blog de Paul Jorion)

(2) Soleil vert (R. Fleischer, 1973) : la catastrophe climatique a conduit les hommes à se nourrir de plaquettes de protéines…humaines.

Vincent Rey

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