Les propos de Blaise Pascal sur le divertissement…me font penser à la croissance, à la progression de l’extrême droite, et… à ma mère

En écoutant ce midi l’émission « Un été avec Pascal », traitant du divertissement, m’est venue cette pensée, sûrement pas aussi profonde que celles du grand philosophe.

Nous rechercherions le tracas en faisant la guerre, en  recherchant les « grands emplois », pour fuir le « terrifiant cachot » que représente la certitude de la « misère de la vie » et aussi celle  de notre propre déchéance, aussi certaine pour les riches que pour les pauvres…

Et tous les malheurs des hommes proviendraient du fait que nous ne pouvons pas affronter cette misère de la vie, en restant allongé sur notre lit. Pascal dit : « Le divertissement, c’est tout ce qui ne mène pas à la vérité de Dieu. », autrement dit une attitude de fuite devant la misère et la mort, que nous ne voulons pas regarder en face.

Çà m’a rappelé la croissance, la progression de l’extrême droite, et…ma mère.

La croissance parce qu’elle nous impose de toujours inventer de nouvelles choses généralement parfaitement inutile, pour faire de nouveaux profits, et que le temps que nous soustrayons à l’oisiveté pour ça nous empêche de contempler simplement la nature  et notre destinée dans toute sa beauté et sa cruauté.

L’extrême droite parce que le temps libéré par les machines, peu importe qu’il soit consacré à regarder la télévision, à jouer aux boules, ou à dévorer tout ce qui se trouve dans le frigo, il en reste toujours en surplus, nous laissant exposé à cette mélancolie. Les idées tonitruantes de l’extrême droite, ou le spectacle de la violence extrême des CRS, peuvent participer à boucher ce temps pendant lequel nous sommes face à nous-même.

Enfin ma mère, qui ne supporte pas qu’on reste silencieux quelques secondes au téléphone, ou lors d’une conversation avec des convives, s’ils ne sont pas de la famille. Car je crois que précisément, les silences dans une conversation sont ces espaces où peuvent se glisser cette mélancolie, et faire que nous nous retrouvons face à nous-même, dont parle Pascal. Ma mère ne les supporte pas : 3 secondes de silence passent, et aussitôt elle s’empresse de combler ce vide angoissant pour elle… Elle dit alors invariablement « Un ange passe ! »… 🙂

Vincent Rey
findutravail.net

https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-pascal/un-ete-avec-pascal-02-aout-2019

 

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