Banni du blog de Paul Jorion !

Me voila banni du blog de Paul Jorion ! J’ai d’abord été banni du cercle des amis de Paul Jorion pour m’être ouvert à ce que dit Vincent Courtillot sur la courbe de Mann. Et maintenant me voila banni des commentaires du blog, pour avoir « mal » commenté un article intitulé « ÉTÉ PARTICULIÈREMENT CHAUD OU DÉBUT DE L’APOCALYPSE ? », que Paul Jorion avait publié sur son blog, en ce début d’été, particulièrement caniculaire.

Le catalyseur de la dispute est à chaque fois le même : les positions que je prends, ou plutôt que je ne prends pas, sur le sujet du réchauffement climatique. Cela révèle pour moi une chose : l’écologie « file un mauvais coton ».

Il est vrai que je provoque volontiers les écologistes (1). C’est que je voudrais qu’ils changent, qu’ils abandonnent le stade de l’invective culpabilisante (2) pour passer à un stade plus universel. Je voudrais qu’ils adoptent une attitude plus réformatrice et plus pragmatique vis à vis des enjeux humains de chaque habitant sur cette Terre, et c’est mon impatience de les voir passer à ce stade qui me conduit parfois à les provoquer d’une manière excessive. J’ai lancé plusieurs appels, dans des articles, ici sur mon blog, pour qu’advienne enfin un tel « aggiornamento » (3). J’ai en particulier écrit un article sur ce projet de mine d’or en Guyane, que j’estime être emblématique de l’impasse dans laquelle nous sommes à l’échelle de toute la Terre, intitulé Environnement : choisir entre la catastrophe humaine et la catastrophe environnementale. Un choix funeste, que les partisans de l’écologie, s’ils sont véritablement écologistes, DEVRAIENT REFUSER CATÉGORIQUEMENT.

L'opération militaire "Harpie" du nom de cet aigle menacé, consiste à traquer l'orpaillage illégal en Guyane. Les moyens de l'armée, sont employés pour reconduire les contrevenants à la frontière brésilienne. Est-il absurde d'imaginer, qu'il y ait eu parmi eux, le papa d'une petite Greta Thunberg brésilienne, trouvant là les moyens de nourrir sa famille ?

Mais tout montre que cette alternative funeste est assumée sur toute l’étendue de l’échiquier politique, y compris par les partis écologistes, et que j’attends donc en vain cet « aggiornamento », puisque même un homme aussi fin que Paul Jorion (j’ai tout de même du mal à le croire, ses livres montrent le contraire), en vient à m’exclure de son blog.

L’écologie ne saurait aujourd’hui se limiter aux seuls écologistes, elle traverse aujourd’hui les partis. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, E. Macron, tout le monde dit en faire « son cheval de bataille ». Elle est aujourd’hui à la croisée des chemins :

Il y a un panneau à droite (« il faut prendre à droite, mais après, ça tourne encore plus à droite »), c’est la voie que j’appelle de « l’écologie de marché », celle qui mettra toujours les impératifs économiques au dessus de tous les autres. Celle qui, pour reprendre mon exemple, refuse le projet « Montagne d’or » financé par des capitaux russes et canadiens, mais pour qui c’est la « croissance verte » qui est censée nous détourner de la trajectoire du collapse. Cette voie, comme je l’ai montré je pense, est fasciste-compatible, et sans issue. Elle n’empêchera pas en Guyane ces 40 000 orpailleurs illégaux venus du Brésil (certains en sont à leur 40ème palu), pour extraire de l’or avec du mercure, dans les pires conditions. Et même, elle leur fera la chasse, comme elle fera la chasse à tous les migrants, quand bien même il y aura parmi eux, le papa d’une jeune fille de 17 ans, en tout point semblable à Greta Thunberg. Ce chemin de droite, c’est la voie choisie, il faut le dire par EELV, qui ne se sent pas gênée qu’on crie « mort aux cons » en direction des gilets jaunes aux fins de mois difficiles, et qui consent aux éborgnages et amputations façon « Klaus Barbie » (4)

Et il devrait y avoir, mais il n’y a pas, un panneau à gauche, indiquant clairement la voie de la générosité, une voie inclusive de toutes les pauvretés, ayant le potentiel de mettre fin à tous les braconnages, et à tous les abus sur l’environnement. Cette voie n’est plus celle de l’invective contre les braconniers ou les climato-sceptiques, elle est celle de l’organisation de l’Etat de bien-être, de la gratuité alimentaire, de la fin de tous les gaspillages, de tous les emballages, de toutes les publicités, et de l’introspection de chaque activité humaine. Elle n’est ni « concurrence-compatible », ni « fasciste compatible ». C’est la voie du partage, elle trouve les moyens économiques de subvenir aux besoins vitaux de ses habitants, mais aussi des habitants d’autres pays si nécessaire. C’est une voie radicale, contagieuse à la surface de la Terre, qu’il nous faut inventer, pour que le papa de la petite « Greta Thunberg brésilienne » soit vite libéré de la quête de l’or, et qu’au lieu d’y passer son temps il se construise une maison. C’est aussi la voie héroïque, celle de la lucidité sur chaque activité humaine, celle de « Nando »(5), décidant de partir à l’assaut des Andes, en prenant tous les risques pour sauver ses camarades…

Comme « Nando »(5) les écologistes doivent reconquérir l’activité humaine aux mains du capital, pour la changer, ce qui n’est pas moins difficile, ni moins risqué, que de s’extraire des Andes. Impossible ? peut être pas, à condition de s’y mettre et d’être plusieurs. Et de vouloir faire quelque chose, en commençant par prendre le pouvoir.

(1) il est vrai que je cite volontiers Vincent Courtillot, ou Richard Lindzen, que je trouve très pédagogiques et très convaincants dans leurs conférences ou lectures. Pourquoi Jean Jouzel est-il toujours moins convaincant ?

(2) façon Yann Arthus Bertrand : « Mais pourquoi est-ce que nous ne faisons rien !? ». Que proposerait Y.A. Bertrand aux orpailleurs brésiliens en Guyanne ? personne ne sait. Quant à Pascal Canfin, il évoque l’écotourisme. On irait en Guyane (en avion ?), pour voir les moustiques, les sansues, les tarentules, sous 90% d’humidité ?

(3) Aggiornamento que l’on a cru un temps voir surgir, avec Place Publique, avant que R. Glucksmann fiche tout en l’air, pour 2 places de députés.

(4) Comment comprendre autrement le ralliement de personnalités comme D Kohn Bendit et Pascal Canfin à « En Marche », en pleine répression sociale des Gilets Jaunes ? Dans ce funeste choix, n’ont-ils pas clairement choisi la catastrophe humaine ?

(5) Suite au Crash de leur avion, au beau milieu des Andes, Fernando Parrado et Roberto Canessa décidèrent de ne plus croire qu’on les recherchait (et en effet, les recherches avaient cessé). Ils mirent 10 jours à sortir des Andes, sans équipement, et permirent aux secours de retrouver l’avion, ou une vingtaine de passagers les attendaient toujours.

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