LE RIC OU LE REVE D’UNE DEMOCRATIE PARFAITE

LE RIC OU LE RÊVE D’UNE DÉMOCRATIE PARFAITE
(ce préambule indique mes propres périodes de censure* : du 30/04 au 03/05/2019, du 23/05 au 27/05/2019…à quand la prochaine M Zuckerberg ? c’est rémunéré ?)

Le RIC est un rêve, le rêve d’une démocratie parfaite, où le bien triomphe toujours du mal, parce qu’il s’est donné l’arme institutionnelle fatale, que constitue le RIC. Mais bien sûr, chacun conserve son idée du bien et du mal bien à lui. Ainsi Maxime Nicole des Gilets Jaunes lorsqu’il affirme que si « on a le RIC, on a tout », voit dans le RIC une sorte de panacée universelle, et il est persuadé que le RIC pourra résoudre à lui seul tous les problèmes. C’est à mon avis une illusion dont il devrait se défaire très vite. Le RIC est à la démocratie, ce que la recherche de la pierre philosophale était à l’alchimie. Non pas qu’il soit impossible à instituer, mais dans les effets que l’on peut en attendre, en terme d’action publique.
Veut-on par le RIC que l’action publique soit le reflet exact de ce que veulent les citoyens en toute matière ? Mais alors le OUI qui l’emporte sur le NON à 51% contre 49% remporterait toute la mise, et l’action publique se devrait d’obéir au vœu des 51% ?! C’est une amplification encore bien plus importante que l’élection de représentant au scrutin majoritaire ! On voit là qu’il y a dans le principe même du référendum, quelque chose de contraire à la démocratie, en dépit des apparences.
Cette demande du RIC n’arrive pas par hasard. Elle émerge du sentiment de dépossession de l’action publique par la population (et il y a de quoi se sentir dépossédés !). Mais il faudrait d’abord s’interroger sur l’origine de ce sentiment de dépossession, et on va trop vite en besogne, en accusant nos institutions. On peut observer que dans plusieurs grandes démocraties, pourtant dotées d’institutions et de modes de scrutin très différents, les mécontentements sont puissants, et de même nature : au Royaume Uni, aux USA, en France, en Italie, en Hongrie… N’est-ce pas un signe montrant que la source du « mal » n’est PAS institutionnelle ?
C’est que la source du « mal » est certainement difficile à admettre, et à s’avouer : un système économique que l’on pensait immuable, aux effets constants, capable d’apporter une prospérité infinie, alors que comme tout organisme vivant, il peut succomber à un cancer. Il y a des gens qui lorsqu’ils sont atteint d’un cancer, le nient au point de l’oublier. Et ils vivent ainsi jusqu’à leur dernier jour, sans y penser. C’est ce que nous faisons collectivement en ce moment. Avec le RIC, nous voulons changer de régime alimentaire, alors que notre organisme, le capitalisme, est atteint par un très grave cancer, remettant en cause bien plus de choses que nos seules institutions.

Vincent Rey, findutravail.net

* CENSURE SUR FACEBOOK ? : chacun peut vous dire « vous n’êtes pas censuré, puisque je peux lire ce que vous écrivez ». Certes, mais si vous pouvez lire ce que j’écris une fois sur 2 ? Ou si vous pouvez lire ce que j’écris 5 jours plus tard ? Ou si de prétendus bugs de l’interface, vous empêchent de livrer votre opinion ? Il se trouve que je connais le php (analyste programmeur), et M Zuckerberg ne me fera pas prendre pour un bug, ce qui n’en est pas un.

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