Une révolution culturelle : interdire la publicité sur les moyens de communication de masse.

Notre environnement culturel a profondément changé, depuis l’introduction de la publicité sur les médias de masse. Il n’est pas rare qu’en zappant sur quelques chaînes de la TNT, on passe d’une publicité à l’autre, et en particulier, les publicités pour les automobiles sont devenues omniprésentes, alors même que nous devrions réduire notre consommation automobile.

Pour beaucoup, c’est un passage obligé de l’économie de marché, que de devoir consentir à ce que l’on peut considérer comme une pollution culturelle. Mais ça n’en est pas un, car la première publicité télévisée est apparue sous Pompidou, et l’industrie automobile française, pour ne citer que cet exemple, ne se portait pas mal en 1970.

Il faut donc revenir sur cette idée reçue (« sans la publicité pas d’industrie ») et envisager que ces temps d’antenne concédés à la publicité, ont corrompu la télévision, qui reste notre principal média culturel. Elle a aussi « dopé » artificiellement les revenus des animateurs, qui ont eu la chance d’être en pointe, en ces lieux où s’affrontent l’influence des firmes.

Non seulement le temps pris par la publicité dans les temps d’antenne est devenu énorme, comme on peut tous le constater, mais cette colonisation a une conséquence néfaste sur le reste des programmes, en tirant les contenus vers le bas. La compétition pour s’accaparer les revenus de publicité, fait que les temps d’antenne se sont peu à peu transformés en ce que l’on peut appeler un « racolage massif », qui a peu à envier aux spectacles d’exhibition de monstres, de nos anciennes foires.

La publicité coûte cher, et ne sert qu’à entretenir la compétition commerciale. C’est une contrainte pour les fabricants dont ils se passeraient bien, mais à laquelle il se résignent parce qu’ils ont des concurrents qui font eux-mêmes de la publicité. Si les moyens de cette compétition disparaissaient, alors non seulement ces acteurs du marché feraient une économie en évitant de se combattre, mais nous pourrions alors espérer voir les contenus s’améliorer, en les libérant en quelque sorte, de la dictature de l’Audimat. On nous dit que la Télévision coûte cher, mais c’est la course à l’audimat qui fait qu’elle coûte cher, car que coûte un peu d’électricité, des ondes, et le travail de quelques techniciens et journalistes payés normalement ?

En interdisant la publicité sur les moyens de communication de masse, ce racolage coûteux n’aurait plus de raison d’être Ce serait certainement une bouffée d’oxygène pour tous les citoyens, qui se réveilleraient sans doute, d’un long cauchemar, où pendant des années, ces médias de masse ont les ont réduits de façon insultante à de simple consommateurs. On ne peut plus ignorer les dégâts psychologiques et médicaux que l’on doit à la publicité massive. Les récentes émeutes pour du Nutella, ou notre aliénation à l’automobile en témoignent. L’image de la femme, tantôt ménagère à tout faire, animal féroce, ou être lubrique livré à l’extase sexuelle…façonne certainement, et d’une façon négative et massive, notre rapport aux autres. C’est une influence qui a donc des aspects intrusifs dans nos comportement quotidien, peut-être même pour nos opinions, et qu’il faudrait abandonner d’urgence, pour restaurer une hiérarchie plus naturelle dans l’information.

Vincent Rey
findutravail. net

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