Un peu d’activité (PIB) dans un océan de capital ?

Vous vous demandez pourquoi les décisions politiques semblent toujours aller dans le sens de la finance et des plus riches, et jamais dans le sens du travail et de la réduction de la précarité ?
 
Ce petit dessin va vous aider à mesurer le rapport de force entre le TRAVAIL et CAPITAL, et l’évolution des 2 depuis 1980.
 

En noir au centre, le PIB global (Global GDP), ou autrement dit le bénéfice que réalisent toutes les entreprises de tous les pays du Monde, hommes + machines.

 Et en vert autour du noir, les actifs financiers, soit toutes les actions, toutes les obligations, tous les titres financiers, constituant le capital. Seule une part infime de ce vert sert à l’investissement dans l’économie réelle (0.3% selon F Lordon en France en 2017, 10 milliards sur 3300 milliards)
 
Qui a financé la campagne de E. Macron d’après-vous ? Le noir ou le vert ? Le vert bien sûr…
 
Ce qui veut dire que si un jour vous voulez vraiment changer les choses, ce n’est pas le RIC qui peut le faire, mais d’élire nous-même des représentants incorruptibles, en finançant vous-même votre propre campagne.
 
Vincent Rey
findutravail.net
 
 
Sources :
 
– Ce très bon site (en anglais malheureusement) qui met la finance en graphiques : http://longreads.tni.org/state-of-power-2019/lobbying-political-power/
 
– « Comme un bruit qui court », France Inter, 22 décembre 2018, (minute 37) :
https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-22-decembre-2018
 

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V Rey le 5 mars 2019

Suite à une remarque pertinente, me disant que :

1 : le dessin multipliait les diamètres au lieu de multiplier les surfaces
2 : qu’il était difficile de comparer un stock (capital), avec un flux (PIB)

1 > j’ai refait ce graphique en calculant les surfaces exactes sur excel, et en recalculant les rayons de pib et capital
2 > j’ai indiqué que je souhaitais faire figurer le contexte dans lequel le travail s’effectue pour montrer que d’énormes profits se font SANS travail et DE PLUS EN PLUS, puisque la part du PIB dans le capital diminue de plus en plus.

Gilets Jaunes, vers un nouveau 1933 ?

Aujourd’hui, 20 février 2019. Après l’agression verbale de Alain Finkielkraut, on a le sentiment de se trouver dans une double impasse.

Impasse du côté des Gilets Jaunes : avec des manifestations sans fin et sans objectif clair, par des gens qui faute de réponse politique à leurs attentes, ont consenti à la violence et à la désorganisation pour faire pression sur le reste de la population. Les Gilets Jaunes ont cru pouvoir présenter une alternative politique, en mettant en tête de leurs revendications le RIC, un dispositif censé « encapsuler » ses représentants dans de la démocratie directe. Un dispositif que curieusement, ils n’ont pas appliqué à leur propre mouvement, préférant rejeter toute représentation, et par conséquent toute revendication commune.

Impasse du côté de l’Etat. En initiant « Le grand débat », E. Macron a voulu retourner la question aux Gilets Jaunes, pour leur faire comprendre avec « pédagogie », les raisons économiques qui faisaient qu’ils devaient se résigner à l’aggravation de leur précarité. Le gouvernement a donc choisi de ne pas faire preuve de sincérité, de ne pas parler des subsides énormes consenties par les Etats pour préserver de l’activité dans le pays, activité sans laquelle le financement de l’Etat lui-même serait menacé. En agissant ainsi, le gouvernement se fait le complice d’un capitalisme immoral. Il se soumet au chantage que la disparition du travail et l’évasion fiscale exercent sur lui.

Double impasse, double absurdité, qu’amplifient volontiers les chaînes d’infos en continu, attachées à montrer ce qui est sensationnel. Développant à l’infini les détails des affrontements; oubliant volontiers de rechercher ou d’analyser des causes de l’aggravation de la précarité, ayant conduit à ce soulèvement; amplifiant les violences physiques antisémites (insultes haineuse à A. Finkielkraut, par un excité), minimisant pendant les premières semaines au moins, les violences physiques aux manifestants (matraquages de personnes âgées, œils perdus, mains arrachées, renversement par des véhicules de police).

Avec la poursuite des manifestations malgré l’infiltration évidente de groupuscules violents incontrôlables, et la multiplication la semaine dernière des actes antisémites, on entre dans une nouvelle phase, qui est celle du retournement de l’opinion. Les actes antisémites en particulier, donnent maintenant du grain à moudre à une opinion, déjà tentée de faire un parallèle avec l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933. Cette opinion publique, qui veut se persuader que l’Histoire se répète à l’identique, se prépare à une répression féroce contre Les Gilets Jaunes, et l’antisémitisme arrive à point pour leur servir de caution morale, au nom de l’idée qu’en 1933, il aurait fallu réprimer sévèrement les nazis pour éviter le pire.

Une vision très simpliste des choses, car les véritables causes du nazisme étaient ailleurs. Elles se nichaient (c’est aujourd’hui dans tous livres d’Histoire) dans les conditions inacceptables faites aux allemands par le Traité de Versailles. Est-il si absurde, aujourd’hui, de proposer UN AUTRE PARALLÈLE, en comparant la résignation que l’on demandait aux Allemands pour qu’ils se soumettent au Traité de Versailles, à celle des pauvres et des précaires d’aujourd’hui, à qui l’on demande de se résigner à la précarité, pour le meilleur bénéfice commun de la Nation, que constituent la préservation de la croissance et la permanence de l’Etat ?

Car si l’on s’en tient aux faits et non aux passions, QUI sont les victimes depuis le début de ces manifestations ? Les juifs ? les 1000 policiers blessés ? Ou bien ces précaires de tous âges, qui ont été éborgnés, dont les mains ont été arrachées par des grenades, qui se sont fait renverser par des véhicules (parfois de police) ? Et QUI s’apprête à subir la répression de la loi « anti-casseurs », une loi liberticide de circonstance qui va permettre aux Préfets d’interdire certaines manifestations ? Dans quel camp est la Liberté ? Et sur qui se prépare-t-on à exercer les dernières violences, pour ne pas remettre en cause la trajectoire écologique et sociale délétère du capitalisme ?

La sincérité d’une NOUVELLE ANALYSE, de la part du gouvernement, est la SEULE PORTE DE SORTIE POUR RÉUNIR LES PARTIES. Si seulement E. Macron était un Homme d’Etat, il aurait ce courage de ROMPRE AVEC LES INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES qui ont contribué à son arrivée au pouvoir, et d’évoquer sincèrement les raisons de ce délitement du capitalisme (1) pour RÉUNIR LA NATION, à condition que ce soit encore possible aujourd’hui. Mais est-il un Homme d’Etat ? Donne-t-il le moindre signe d’avoir ce courage politique, de dénoncer ce capitalisme de moins en moins au service de l’intérêt général, et des classes moyennes en particulier ?

Vincent Rey
findutravail.net

(1) Un délitement qu’il a forcément vu, puisqu’il a évoqué lors de ses voeux, que nous vivions « la fin du capitalisme ultralibéral et financier ».

Le vote du futur : Barack Obama ou Taylor Wilson ?

Comment expliquer cette grimace de Barack Obama, lorsqu’il fut reçu sur son stand par le jeune savant atomiste Taylor Wilson ?

Taylor Wilson est un jeune savant extrêmement brillant et enthousiaste, dévoré par la passion du Nucléaire. Il est parvenu à la fusion nucléaire dans son garage à l’âge de 14 ans. Sa maîtrise ne fait aucun doute, il faut pour obtenir ce résultat maîtriser plusieurs disciplines scientifiques à un très haut niveau. Le jeune homme est confiant dans ses capacités, il pense parvenir en 20 ans à produire de l’électricité grâce à la FUSION nucléaire, autrement dit l’énergie des étoiles contrôlée dans un bocal. (1)

Comme tous les grands savants, Taylor Wilson n’est pas intéressé par l’argent. Il veut que l’énergie ne soit plus un problème à la surface de la Terre, et il a d’ores et déjà un projet de réacteur à FISSION nucléaire pour y parvenir, sans attendre de contrôler la FUSION. Son idée reprend celle du réacteur MSR à SELS FONDUS expérimenté avec succès au laboratoire d’Oak-Ridge sous la direction du professeur Alvin Weinberg dans les années 1960, une idée qu’il a améliorée en prévoyant l’enterrement du réacteur, et l’adjonction d’une turbine à gaz. Il dit être en mesure à court terme de convertir 45% de la chaleur dégagée en électricité, ce qui représente un gain de 10 à 15% par rapport au réacteur à eau pressurisée actuels, de type EPR. Sa conception est révolutionnaire sur le plan de la sécurité, car la réaction en chaîne s’arrête SANS INTERVENTION HUMAINE (sécurité passive) en cas de problème. Elle présente aussi plusieurs autres aspects révolutionnaires pour le secteur, puisque ces réacteurs seraient produits en série, qu’ils ne nécessiteraient aucun entretien (on les remplacerait tous les 30 ans), qu’ils pourraient utiliser du Thorium (matériaux abondant partout sur Terre), et qu’ils produiraient 70% moins de déchets, et surtout AUCUN d’une durée de plus de 300 ans !

De tels décalages technologiques, même s’il s’agit encore de FISSION nucléaire sont absolument enthousiasmants ! Ils portent en eux l’espoir de mettre fin à toutes les guerres pour le pétrole, à l’extinction du risque nucléaire, et à tous les dégâts environnementaux que l’on doit aux énergies carbonées !

Alors comment expliquer cette absence de sourire, pour ne pas dire cette grimace de Barack Obama ?!

Tentons une explication. C’est peut-être que le dégoût de lui même lui est venu, de devoir jouer une sorte de comédie, face à un jeune homme aussi pur, et aussi naïf que les grands savants peuvent l’être, lorsqu’ils sont si absorbés par leur discipline. Ce dégoût lui est peut-être venu, lorsque l’idée a surgi dans son esprit que tout le génie de Taylor Wilson, toute son énergie, toute son ingéniosité, et tout ce don de lui-même et l’espoir que sa production scientifique bénéficiera à l’Humanité toute entière… que tout cela EST VAIN, comme jeté dans le néant, parce que lui Barack Obama SAIT combien de capitaux sont engagés dans les gaz de schistes aux USA. Et il SAIT que tous les efforts de Taylor Wilson, et toute son intelligence, et tous le bénéfice que l’Humanité pourrait tirer de ses travaux n’y CHANGERONT RIEN : LES DETENTEURS DE CAPITAUX EXIGERONT LEURS BENEFICES, même s’il faut pour cela stopper la mise en application de ses découvertes.

Qu’en conclure ? La chose suivante : c’est que dans le futur, nous devrons peut-être nous prononcer non pas entre Barack Obama et Donald Trump, soit un schéma Gauche-Droite ordinaire, mais entre Taylor Wilson et Barack Obama…Nous devrons peut-être choisir entre la science pure et le capital, si nous voulons avoir une chance de survivre sur cette Terre.

 

(1) On ne sait pas à ce jour produire de l’énergie à partir de la fusion. On sait par contre faire des bombes (la bombe H), qui utilisent cette énergie.

Le chômage en baisse en 2018 !

Et l’ensemble des médias de s’extasier ! Le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 2009 !

Citons le Figaro

« Sur un an, le taux de chômage en France métropolitaine diminue de 0,1 point, avec une baisse plus marquée pour les jeunes (-1,8 point), précise l’Insee. »

Question :

quand un avion qui vole à 10000 mètres d’altitude, descend de 10 mètres, dit-on qu’il descend ou qu’il y a eu un trou d’air ?

Rappel : en 2017, 87% des embauches se sont faites en CDD, 30% de CDD de UNE SEULE JOURNEE. Taux de rotation (entrées/sorties) 29% en 1993, 96% en 2017.

Y-a-t-il un équivalent dans l’Histoire, d’un aveuglement aussi extraordinaire ?

D’une catastrophe en cours, (les précaires sont dans la rue !) qu’on ne voit pas, qu’on ne veut pas voir, de millions de gens qui se mettent des œillères pour ne pas voir quelque chose d’aussi EVIDENT : LE TRAVAIL DISPARAIT.

La capitalisme ultralibéral est un avion qui s’écrase. Les passagers ne veulent pas le voir, l’imminence de la mort est trop insupportable.

Sécurité routière : ne plus infantiliser, ni taxer.

Cette idée des risques absolus liés à la vitesse est absurde. Il n’y a rien de plus relatif qu’un risque, Mais le mieux pour démontrer ceci est de prendre un exemple.

En Juillet 1969, Neil Armstrong au commandes du LEM (« Eagle »), s’approche de la surface de la lune (0), lorsque l’ordinateur de bord tombe en panne. La zone qu’il survole alors est impropre à l’alunissage. Cette panne le contraint de prendre les commandes de « Eagle » en manuel, et il décide de remettre les gaz pour prolonger la descente tandis qu’Aldrin décompte les secondes de propergol restantes, afin de ne pas entamer le volume nécessaire au redécollage. Lorsque Armstrong pose finalement le LEM, il ne lui reste plus que 20 secondes de propergol à utiliser, pour permettre ce retour. Voila une situation de risque maximum (la vie de deux astronautes était en jeu), à laquelle un pilote d’exception a parfaitement répondu, dans l’improvisation.

Récemment, je posais la question suivante à Jean François Clervoy, qui était venu aux rendez-vous de l’Histoire de Blois l’année dernière : « M Clervoy, on sait que le risque pris par les astronautes à bord de la navette spaciale était de l’ordre de 2% (1), quel serait pour vous le risque acceptable, dans le cadre d’une expédition sur Mars ? Il a un peu noyé le poisson, en me répondant que le risque serait progressif, et que les astronautes qui seront amenés à prendre en charge les premières étapes de la mission sera moindre que celui pris par ceux qui fouleront effectivement le sol de Mars. Je subodore cependant, que le risque pris par ces derniers hommes sera du même ordre que celui pris lors des premières missions Apollo, que JF Clervoy nous a dit être de l’ordre de 50% (environ 1 chance sur 2 d’avoir un incident majeur). (2)

Et donc pour en revenir au 80 km/h, il est évident que nous ne sommes pas égaux devant des risques identiques, et que nous sommes dans l’obligation de les estimer individuellement avec acuité, lorsque nous sommes au volant. Ainsi, un pilote comme Neil Armstrong pourrait sans doute envoyer un SMS en conduisant à 80 km/h, en prenant certaines précautions, mais ce n’est pas le commun des mortels. Si Mireille Mathieu par exemple, s’imagine pouvoir le faire, elle estime probablement mal ce risque, car elle ne dispose pas (sauf erreur) des mêmes facultés de pilotage.

Imaginons aujourd’hui des clones parfaits de Niel Armstrong et de Mireille Mathieu, passant le permis de conduire : il faudrait leur apprendre à l’un et à l’autre, et malgré leurs différences, les méthodes pour bien estimer leurs risques. Des outils informatiques de simulation doivent permettre de le faire, cela n’a rien de compliqué.

S’il en est ainsi pour les 80km/h, il en va de même pour tous les facteurs diminuant l’individu au volant : par exemple la fatigue, un gros rhume de cerveau, un médicament anti-dépresseur, ou même deux demis de bière bus dans un café avec des amis. Des facteurs extérieurs aussi, tels que le brouillard ou la pluie, ou le soleil dans la figure, viennent se cumuler aux facteurs individuels….toutes ces circonstances font d’une situation donnée un enchevêtrement de risques que des interdictions ou des obligations multiples n’ont aucune chance de pouvoir bien encadrer.

L’idée qu’on ne peut conduire en étant amoindri est trop simple. Prenons l’exemple des personnes handicapées. Les manchots par exemple, sont diminués pour tenir un volant, comparés aux personnes qui ont leur deux bras, et pourtant, moyennant une boule sur le volant, ils n’ont pas plus d’accidents que les autres. Les personnes sourdes également; peuvent ignorer un coup de Klaxon, les myopes peuvent ignorer plus longtemps une voiture déportée à gauche en sens inverse. On sait aussi que les personnes âgées, ont des réflexes plus lents. Toutes ces personnes s’adaptent, et il ne viendrait à personne l’idée de leur interdire de conduire. Si chacun a appris à faire avec son handicap, ou avec les conséquences de la vieillesse, chacun peut aussi s’adapter (à condition de l’apprendre) à un amoindrissement passager dû à la fatigue, à un médicament, au brouillard, ou même à l’alcool.

L’abus d’alcool comme la vitesse n’est donc pas un risque absolu, mais relatif, qu’il faut apprendre à bien estimer tout comme la vitesse, et on peut penser que ce serait la meilleure chose que d’apprendre à chacun à bien estimer les conséquences de ces amoindrissements passagers, pour adapter ses comportements au volant durant ces circonstances.Ce ne serait ni coûteux, ni difficile à organiser, et ce serait aussi très populaire, car on quitterait ainsi cette idée du « conducteur enfant », et avec elle tout le cortège de fausses punitions, y compris ces coûteux radars mobiles, dont tout le monde sait bien qu’il servent avant tout à percevoir des taxes.

Les taxes et les impôts sont affaire de revenus ou de montants de consommation. Ils n’ont pas à venir empiéter sur les questions de sécurité routière. On y retrouverait de la liberté, et de la vérité dans l’analyse.

(0) Histoire détaillée de atterrissage du LEM sur Wikipedia

(1) en fait je me trompais, il était selon JF Clervoix de 1%, à bord de la navette

(2) Ce niveau de 50% explique l’immense respect que la communauté des astronautes a pour ces vétérans, qui ont pris d’énormes risques.

Une révolution culturelle : interdire la publicité sur les moyens de communication de masse.

Notre environnement culturel a profondément changé, depuis l’introduction de la publicité sur les médias de masse. Il n’est pas rare qu’en zappant sur quelques chaînes de la TNT, on passe d’une publicité à l’autre, et en particulier, les publicités pour les automobiles sont devenues omniprésentes, alors même que nous devrions réduire notre consommation automobile.

Pour beaucoup, c’est un passage obligé de l’économie de marché, que de devoir consentir à ce que l’on peut considérer comme une pollution culturelle. Mais ça n’en est pas un, car la première publicité télévisée est apparue sous Pompidou, et l’industrie automobile française, pour ne citer que cet exemple, ne se portait pas mal en 1970.

Il faut donc revenir sur cette idée reçue (« sans la publicité pas d’industrie ») et envisager que ces temps d’antenne concédés à la publicité, ont corrompu la télévision, qui reste notre principal média culturel. Elle a aussi « dopé » artificiellement les revenus des animateurs, qui ont eu la chance d’être en pointe, en ces lieux où s’affrontent l’influence des firmes.

Non seulement le temps pris par la publicité dans les temps d’antenne est devenu énorme, comme on peut tous le constater, mais cette colonisation a une conséquence néfaste sur le reste des programmes, en tirant les contenus vers le bas. La compétition pour s’accaparer les revenus de publicité, fait que les temps d’antenne se sont peu à peu transformés en ce que l’on peut appeler un « racolage massif », qui a peu à envier aux spectacles d’exhibition de monstres, de nos anciennes foires.

La publicité coûte cher, et ne sert qu’à entretenir la compétition commerciale. C’est une contrainte pour les fabricants dont ils se passeraient bien, mais à laquelle il se résignent parce qu’ils ont des concurrents qui font eux-mêmes de la publicité. Si les moyens de cette compétition disparaissaient, alors non seulement ces acteurs du marché feraient une économie en évitant de se combattre, mais nous pourrions alors espérer voir les contenus s’améliorer, en les libérant en quelque sorte, de la dictature de l’Audimat. On nous dit que la Télévision coûte cher, mais c’est la course à l’audimat qui fait qu’elle coûte cher, car que coûte un peu d’électricité, des ondes, et le travail de quelques techniciens et journalistes payés normalement ?

En interdisant la publicité sur les moyens de communication de masse, ce racolage coûteux n’aurait plus de raison d’être Ce serait certainement une bouffée d’oxygène pour tous les citoyens, qui se réveilleraient sans doute, d’un long cauchemar, où pendant des années, ces médias de masse ont les ont réduits de façon insultante à de simple consommateurs. On ne peut plus ignorer les dégâts psychologiques et médicaux que l’on doit à la publicité massive. Les récentes émeutes pour du Nutella, ou notre aliénation à l’automobile en témoignent. L’image de la femme, tantôt ménagère à tout faire, animal féroce, ou être lubrique livré à l’extase sexuelle…façonne certainement, et d’une façon négative et massive, notre rapport aux autres. C’est une influence qui a donc des aspects intrusifs dans nos comportement quotidien, peut-être même pour nos opinions, et qu’il faudrait abandonner d’urgence, pour restaurer une hiérarchie plus naturelle dans l’information.

Vincent Rey
findutravail. net