C’est au gouvernement de donner une analyse honnête de la situation

Complément d’information sur le « Peak Oil » :

En 2010, T. Desmarets, Président de la firme Total, a dit ceci : « The problem of peak oil remains (…) it would be very difficult to raise oil production worldwide above 95 million barrels a day, which is 10% more than today’s level. The problem is not one of insufficient reserves, but that a lot of it is difficult to be produced. » (traduction : le problème du peak oil demeure (…) il serait très difficile pour la production mondiale de dépasser 95 millions de barils par jour, soit 10% de plus qu’aujourd’hui. Le problème n’est pas que les réserves sont insuffisantes, mais qu’une grande part est difficile à produire ».

On peut aussi lire, sur le site de l’ASPO : « Mr Desmarest told the AFP news agency that world oil production could peak in about 10 years. » (traduction : M Desmarest a dit à l’AFP (agence France Presse) que le Peak Oil mondial pourrait avoir lieu dans environ 10 ans. (donc en 2020, puisque ces propos ont été tenus en 2010)

Quelle politique de l’énergie, en période de déséquilibre ?

Depuis Tchernobyl et Fukushima, on connait les dévastations colossales que peuvent entraîner l’explosion et la fusion d’un réacteur nucléaire. Ces accidents nous ont apporté la preuve qu’une erreur humaine est possible (Tchernobyl), ou qu’ils peuvent avoir pour origine des événements naturels insoupçonnables (Fukushima). Des attentats dépassant l’imagination peuvent aussi se produire : qui aurait imaginé qu’un 11 septembre, le World Trade Center pouvait disparaître en quelques heures ?.

Les conséquences de la fusion d’un réacteur nucléaire ont la capacité de décimer non seulement l’environnement, mais une économie toute entière. Suite à l’accident de Fukushima, seul le vent, bien orienté ce jour là, a évité de contaminer massivement la ville de Tokyo. Il y a, à ce jour, 58 réacteurs nucléaires à eau pressurisée (0), sur le sol français, et nous prenons chaque année un « ticket de loto » pour la survenue d’une telle catastrophe, en échange de la fourniture d’une électricité peu chère et dé-carbonée.

Cependant, le risque nucléaire ne peut pas être isolé d’autres aléas plus probables, tels que l’effondrement du capitalisme financier, la survenue d’un « peak oil » mondial (1), ou celle d’une guerre éventuelle, suite aux conflits d’intérêts violents qui pourraient en découler. Les choix en matière d’énergie sont donc cruciaux, et ils doivent rester compatibles avec l’éventualité d’un effondrement économique brutal, et avec les évolutions du climat dont on commence à redouter les effets. Une politique de « transition énergétique » est donc nécessaire, mais nous devons nous garder d’agir brutalement, en ignorant ce contexte.

L’objectif à court terme doit donc être l’autonomie énergétique et la sécurité, même dans l’éventualité d’une crise économique ou géopolitique majeure. A moyen terme, l’objectif doit être la cessation de la production de déchets nucléaires de « longue vie », donc l’abandon des réacteurs nucléaires à eau pressurisée, ainsi que la cessation des émissions de carbone dans l’atmosphère. A long terme, enfin, ce doit être l’adoption d’une énergie universelle totalement neutre pour l’environnement. Toute l’Europe devrait s’impliquer dans la poursuite de ces objectifs. Il est aussi important de garder à l’esprit, que toute réforme de fond en matière d’énergie avortera, si elle doit avoir pour conséquence une augmentation importante du prix de l’électricité pour le consommateur. « La gratuité sur l’essentiel » (qui inclut la gratuité de l’électricité), serait donc de nature à faciliter cette transition. (tandis que le revenu de base non)

Aujourd’hui, 77% (2)(3) de notre électricité, est fournie par les centrales nucléaire à eau pressurisée. Il faut donc tout faire pour accélérer la recherche dans toutes les nouvelles technologies de l’énergie, en particulier les technologies de stockage de l’électricité sans lesquelles le soleil et le vent ne pourront pas être une véritable alternative, ainsi que les technologies d’enfouissement du carbone émis par les centrales thermiques. Il faut aussi soutenir la recherche dans les nouvelles technologies du nucléaire, tels que les réacteurs MSR à sels fondus (4) qui ne produisent pas de déchets radioactifs (ou très peu, et aucun > 300 ans), de même que la recherche sur la fusion nucléaire, car cette énergie infinie, quand nous l’obtiendrons, sera peut-être notre seul recours, pour réguler la température de l’atmosphère.

Parallèlement à ce soutien, nous pouvons réduire le risque nucléaire en réduisant l’activité humaine à ce qui est strictement nécessaire. Dans le contexte de disparition du travail, et de surproduction agricole et qui est le nôtre, l’Europe, l’Etat, ou les collectivités locales apportent leur soutien financier à des projets susceptibles de créer des emplois , ou subventionnent des secteur d’activité ne parvenant pas à écouler leur production (ex lait, porc). Ce soutien au capitalisme coûte cher. Le poste « Subventions » de la Comptabilité Nationale atteint aujourd’hui 54 milliards d’euros par an, soit environ 1 euro sur 40 de la richesse créée en France en 2018. Certes, une partie de ces 54 milliards vise aussi à combler les manques laissés depuis 40 ans par la disparition des revenus du travail, dans des lieux particulièrement touchés par cette évolution. Il est temps maintenant d’analyser précisément ce poste, et de voir si le montant total de ces « patchs » au capitalisme (5) ne profiteraient pas d’avantage aux citoyens, en venant financer des projets plus utiles à la collectivité, tel que par exemple la « gratuité sur l’essentiel » telle que proposée par Paul Jorion, la rénovation énergétique des locaux, ou la construction de logements sociaux bien isolés.

Vincent Rey

le 20 janvier 2019

(0) En 2012, sur les 436 réacteurs nucléaires installés dans le monde, 96% d’entre eux (418) fonctionnaient avec du combustible solide, et de l’eau pressurisée entre 70 et 130 bars comme fluide caloporteur. Ils se répartissaient ainsi : 272 PWR (Pressure Water Reactor, genre Three Mile Island), 84 BWR (Boiling Water Reactor, genre Fukushima), 47 PHWR (Pressure Heavy Water Reactor, genre Three Mile Island amélioré) et 15 LWGR (graphite moderated light water cooled, ou RBMK, genre Tchernobyl).

(1) « Peak Oil » : stade du marché pétrolier où tous les demandeurs ne peuvent plus être fournis avec des coûts d’extraction suffisamment bas, et où inévitablement, les prix s’envolent jusqu’au « plus offrant », donnant un prix inédit à tout ce qui sera fabriqué avec du pétrole, c’est à dire à peu près tout.

(2) Graphique : source, INSEE, Structure de la consommation d’énergie primaire (tableaux en millions de tonnes équivalent pétrole, mis en porcentage) et production brute et consommation d’électricité. (en TWh, mis en pourcentage).

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(3) 1/3 de notre électricité produite en 2015 fournissait le résidentiel (chauffage principalement), et 2/3 pour le secteur professionnel (soit 35 et 65%).

(4) Nouvelles technologies du nucléaire : les réacteurs MSR, adorant « bouffer » des déchets nucléaires.

voir  « Thorium, la face gâchée du nucléaire ». Documentaire de Myriam Tonelotto sur Youtube.

voir aussi ce projet de production en série de petits réacteurs MSR (Taylor Wilson):

https://www.ted.com/talks/taylor_wilson_my_radical_plan_for_small_nuclear_fission_reactors/discussion?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_feed%3BlVP1XstgSuKWe9RQCOlv7Q%3D%3D

(5) patchs : appelons ces subventions comme ça, car après tout, le rôle premier de l’économie est tout de même de faire vivre les citoyens. L’avons nous oublié ?

Emmanuel Macron n’a pas de pouvoir, même s’il le fait croire

La dette n’est pas de 41 milliards, ce sont les intérêts annuels de la dette. A côté de ça, les 5 milliards de l’ISF…

Disparition des emplois industriels jusqu’en 2006, le graph de T. Méot. Courbe noire, échelle de droite, de 2,5 millions à 4,7 millions, soit 2.2 millions d’emplois perdus en équivalent temps plein entre 1973 et 2006.

 

Un moment de vérité, France Inter, le 7 janvier 2019

Un moment de vérité a eu lieu hier, lors de l’émission « Le Téléphone Sonne » du 7 janvier 2019, animée par Fabienne Sintes sur France Inter.
Le sujet de l’émission était « Les nouvelles sanctions sont-elles efficaces pour lutter contre le chômage ? ».

Tout à coup à 13:34 mn, moment de vérité : Philippe, conseiller pôle emploi appelle l’émission, et déballe calmement la réalité de la précarité. Il cite quelques chiffres :

– embauches en CDD = 87% des embauches en 2017
– 30% des embauches de 2017, c’est pour une seule journée
– Taux de rotation = comparaison des entrées et sorties de l’emploi sur un an : en 1993 29% de sorties, en 2017 96% de sorties

(Et tout ça alors qu’il y avait une croissance de 2.2% en 2017 !)

Le député Sylvain Maillard venu défendre sa réforme morigène alors le conseiller Pôle emploi « (..) si vous avez le moral dans les chaussettes comme vous venez de dire, je ne vois pas comment vous allez pleinement pouvoir aider les personnes en face de vous (..) » (en Union soviétique aussi, on disait aux gens qu’il fallait y croire)

On voit bien l’idéologie qui sous-tend cette remarque de Maillard, et qui se résume à ces quelques mots : « chômeurs et précaires, faut vous sortir les doigts.. ».

Le député n’en est pas à sa première ânerie. Après avoir été sévèrement critiqué en février 2018, pour avoir affirmé que « l’immense majorité » des sans-abris dorment dans la rue « par choix » (500 morts dans la rue recensés chaque année), il vient de répéter en janvier 2019 au Huffington Post que la majorité des SDF sont à la rue « par choix »! M Maillard a en outre soutenu la candidature au perchoir de M Ferrand, malgré toutes ses casseroles. (Décidément, quelle belle équipe que cette « République En Marche » !)

Une intelligence brillante, un véritable champion que les gilets jaunes pourront mettre en bout de table, s’ils organisent un jour un dîner de c…

Crédit : AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

« Tout n’est pas noir comme nous venons de l’entendre », ajoute ensuite M Maillard. Puis il regrette après le dernier témoignage poignant d’un chômeur diplômé, « qu’il n’y a pas assez de CDI ». Mais ça tout le monde le savait, non ?

Cette tête de « champion » a raison…tout n’est pas noir, maintenant c’est jaune…!