Chérif Chekatt, marché de Noël de Strasbourg, 12 décembre 2018. 3 morts, 8 blessés graves, et la comédie médiatique qui s’en nourrit…

Une nouvelle fois, le terrorisme frappe, Chérif Chekatt armé d’un poignard et d’une arme de poing, abat et frappe des personnes au hasard, sur le marché de noël, aux alentours de la place Kléber.

3 morts, une quinzaine de blessés, dont 7 ou 8 graves.

Aussitôt les chaînes d’information en continu embrayent dans une analyse froide, presque routinière. Les journalistes se succèdent, parlent d’un loup solitaire isolé, blessé, que l’on traque.

BFM liste ses forfaits, le désigne comme « l’individu ». Ce n’est plus un homme, c’est une sorte d’animal sauvage. Il est né mauvais comme un mauvais chien, condamné à 27 reprises dès l’age de 10 ans, alors qu’il n’a que 29 ans.

Pour faire contrepoids à cette analyse que l’on peut à juste titre qualifier de « satanique », une personne qui connaît l’une des victimes s’exprime  plus intelligemment, au journal de 13h ce 13 décembre (France Inter)

« On parle de Guerre contre la terreur, mais l’assassin habitait à Strasbourg (…) on est amené à s’interroger, sur ce qui n’a pas fonctionné (…) au delà des questions de sécurité, il faut qu’on se pose la question, qu’est ce qui produit ça ? »

Il y a en effet de nombreuses questions à se poser, sur la récidive, sur la prison, et sur l’origine de la folie de Chérif Chekatt, que « l’appât du gain » a rendu fou, selon la police.

D’où lui venait cette folie, il ne l’a pas reçue en naissant ? Quel est le rôle de la société dans cette folie ?

Mercredi, la police venait l’arrêter. Il se savait en fin de course, recherché pour une agression physique au couteau, qui lui vaudrait à coup sûr une dizaine d’année de prison. Une porte de sortie s’est ouverte devant ses yeux :  l’assassinat islamique, seule capable de restaurer son image dégradée devant Dieu.

Dans les années 30, un gamin des quartiers misérables de Tellico (Texas), nommé Clyde Barrow faisait un peu le même trajet, passant du vol de voiture au braquage de banque, refusant catégoriquement l’idée de retourner en prison, où il avait été violé.

La gratuité sur l’essentiel, que propose Paul Jorion, cette sécurité d’existence offerte à tous pour tout ce qui est vital, ainsi qu’une atténuation de la pression publicitaire, aurait peut-être protégé Chérif Chekatt (ainsi que toutes ses victimes) de sa folie.

Vincent Rey
findutravail.net

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