Crise des Gilets Jaunes : mettre fin à l’erreur d’analyse et agir.

Aujourd’hui 8 décembre 2018, c’est « Rio Bravo » sur les champs Elysées. Dans le film de Gérard Jugnot « Une époque formidable » (1991), un patron de bistrot courrait après un SDF en criant « salaud de pauvre ! », pendant que l’autre s’enfuyait sans payer son café…en criant « te fatique pas…je suis raide ! ».

17 ans plus tard, malgré divers gouvernements de droite comme de gauche, rien n’a changé, tout à empiré : plus de chômage plus de précarité, rendant impossible toute transition écologique sereine.

Alors où peut bien se situer l’erreur d’analyse ?

Chômage de masse croît à partir de 1980 => subventions publiques ou réductions de charges => plus de dépense publique avec les mêmes charges (déficit) + délocalisations des entreprise (1990) => concentration de la fiscalité sur les particuliers, pour préserver les entreprises => de plus en plus de gens sous le seuil de pauvreté => crise financière de 2008 + soutien public massif des états aux banques => fiscalité accentuée sur les classes moyennes => accroissement du chômage et de la précarité des classes moyennes inférieures + prise de conscience écologique => éclatement de l’échiquier politique => fiscalité additionnelle environnementale ( inégalités Paris / provinces) => arrogance présidentielle, et leçons de morale écologique aux chômeurs et précaires => crise des Gilets Jaunes.

Autrement dit et en résumé : un processus en cours nous dirigeant inéluctablement vers un accroissement général de la précarité et vers l’impuissance de l’Etat, dont la cause initiale est la disparition du travail, que vient aggraver le maintien de pratiques financières « hors sol ».

Ne restons pas impuissants. Agissons résolument et radicalement, avec le mouvement Place Publique.

Vincent Rey
Findutravail.net

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4 réflexions au sujet de « Crise des Gilets Jaunes : mettre fin à l’erreur d’analyse et agir. »

  1. Évidemment, je ne suis pas économiste et n’ai pas étudié l’économie… Alors qui pourra m’expliquer ?
    Pour moi, une monnaie permet, à un instant  » t  », les échanges de produits et de services entre les membres d’une société.
    Sans doute cela est-il plus subtil lorsqu’il s’agit d’anticiper des productions, à l’instant  » t + x  ». Mais qu’importe il s’agit dans les deux cas de créer la monnaie nécessaire. Pour moi, la question de savoir qui crée cette monnaie ne se pose pas : ce doit être l’État au nom de l’ensemble des personnes concernées par les échanges. Et ces personnes, par l’impôt, rémunèrent les travailleurs nécessaires à l’opération.
    Ma question est donc la suivante : Avons-nous besoin que des investisseurs détenteurs d’un capital reçu en héritage par exemple ou bien résultat de prédations diverses s’immiscent dans le circuit en imposant à tous des rémunérations exorbitantes sans production de valeurs ?
    Moi, je suis tenté de répondre que nous n’avons que faire des investisseurs, de ces nababs qui se livrent à l’optimisation fiscale ou à l’évasion fiscale et sont la cause principale des malheurs des hommes et de la détérioration considérable de leur environnement. Mais je ne suis pas économiste et n’ai pas suivi de cours d’économie.
    Je serais très intéressé d’avoir votre avis ?

    1. La destitution de ces « nababs » comme vous dites n’apporterait pas grand chose, si d’autres viennent les remplacer pour faire la même chose. Nous avons une tâche autrement plus gigantesque à faire, qui est de ré imaginer de A à Z une nouvelle société. Non pas pour le plaisir de faire la révolution, mais parce que si nous ne le faisons pas, cela nous sera imposé par une crise sociale violente qui peut être totalement destructrice, y compris de l’Education Nationale. Il me semble qu’on en a déjà eu plusieurs avertissements très clairs, la crise des banlieues en 2005, aujourd’hui celle des « gilets jaunes »….

      Le défi peut paraître impossible : comment organiser, seuls en Europe, une société dans laquelle le travail continuera de disparaître, en évitant le processus en cours d’apartheid social et l’isolement en Europe ? La création de valeur ne peut pas être que le fait des machines, au seul bénéfice des détenteurs de capitaux, ou bien alors nous acceptons tous de devenir esclaves. Sur ce point, je suis de l’avis de Henri Krazucki, l’ex-leader de la CGT qui avait dit qu’il n’y a pas de moyen de coercition sur la population plus puissant, que celui du chômage. Et en effet, sous Pinochet si on la fermait, on pouvait vivre. Sans se loger, sans se nourrir, sans se chauffer, ou sans respirer on ne le peut pas.

      Puisque vous êtes instituteur Régis, j’en profite pour dire que le corps enseignant a un rôle crucial pour préparer cette révolution (encore une fois imposée, mieux vaut choisir les termes de notre révolution, plutôt que de se voir imposer une révolution imbécile, visant l’immigration ou les arabes), en comprenant et en expliquant ce qui se passe. C’est ce que j’ai tenté de faire sur ce blog, avec mon article intitulé « 1973-2018, la France en marche vers la désintégration sociale ». Les instits et profs doivent comprendre que leur problèmes d’heures sup, de postes en moins, de rémunération, ou autre sont maintenant totalement mineurs et dérisoires par rapport à ce qui se prépare… Il faut maintenant se bouger, et vite…

      1. Je fus en effet instituteur jusqu’en 2002 année de ma retraite. J’ai désormais 71 ans et les questions de la transmission m’apparaissent toujours aussi fondamentales. J’ai toujours pensé que ce métier consistait pour l’essentiel à rendre intelligible la complexité.
        A ce propos, je propose de compléter votre paragraphe : «  » Le défi peut paraître impossible : comment organiser, seuls en Europe, une société dans laquelle le travail continuera de disparaître, en évitant le processus en cours d’apartheid social et l’isolement en Europe ? «  » En y ajoutant une référence à la dégradation de l’environnement à laquelle il faut urgemment mettre fin et aussi à l’absolue nécessité de le réparer. Je crois qu’il nous revient d’imaginer une fiscalité écologique nouvelle qui permette de connecter l’écologie à la solidarité. je suis de ceux qui pensent et croient que l’espèce humaine comme le vivant d’une manière générale a toujours reposé sur l’entraide. Il est temps de le redécouvrir.
        A propos d’apartheid social, j’ai écrit quelques romans dont une série de neuf dans lesquels je développe cette idée que l’humanité s’achemine peu à peu dans une configuration de zones diverses dans lesquelles les gens vivent hors de toute unité nationale, dans des États explosés. Le N°8 intitulé  » L’archipel du petit Jésu(-)  » donne une description de ce que pourraient être la France et l’Europe dans les années 2030. Une dystopie donc née d’une logique poussée à l’extrême.

        1. Régis en disant « le défi peut paraître impossible », je ne voulais pas dire qu’il ne faut pas le tenter. Mon avis est au contraire qu’il est temps de prendre des risques. Socialement, nous sommes à l’image des migrants. Eux sont prêts à prendre tous les risques, pour fuir leur pays, et nous devons prendre tous les risques, pour fuir ce capitalisme imbécile, qui nous détruira socialement et physiquement.

          Si tu rejoins mon analyse, le plus important est de la diffuser, il faut sortir de l’incompréhension à tout prix.

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