Message aux Gilets Jaunes. Ne vous trompez pas de cible.

Je réponds à Juan Nessy qui disait (sur le blog de Paul Jorion) : Le capitalisme financier interdit les politiques publiques justes et ….progressistes .

Exactement : Le déficit d’activité a INVERSÉ le rapport de force entre les États et l’économie.

Et là je m’adresse aux Gilets Jaunes, s’il y en a qui lisent ce blog. C’est de ça dont il faut se convaincre. Et on peut toujours se plaindre du gouvernement, ou de tel ministre, ça ne change rien au problème, QUI RÉSIDE TOUT ENTIER DANS CETTE INVERSION.

Cette formule que chaque travailleur précaire a entendue : « il y 3 millions de chômeurs qui attendent votre poste, alors si vous n’êtes pas content, vous prenez la porte. », on la retrouve aussi au plan collectif : Jeff Bezos le PDG d’Amazon peut très bien dire au président Macron : « Nous ne sommes pas contre, de créer de l’emploi en France, mais nous sommes un business, M Macron, et comme tout business, nous avons des actionnaires à qui nous devons rendre des comptes. Le prix du travail nous dissuade un peu d’investir dans votre pays. En Irlande, par exemple, ils ont pris des mesures pour attirer les investissements…que pouvez-vous faire ? Y-a-t-il d’autres avantages que vous pouvez proposer pour vous rapprocher des conditions irlandaises ? Savez-vous que Amazon perd chaque année de l’argent ? etc..etc… ».

Et on allonge les subventions ou les avantages en nature, ce qui revient au même, parce que « le déficit budgétaire », parce que « 3 millions de chômeurs »…. Mais on ne pourra pas s’allonger comme ça toujours, sinon on sera aussi plat qu’un paillasson, et le capitalisme financier va s’essuyer les pieds sur nous…

Il faut au contraire, trouver moyen de remettre ce rapport de force à l’endroit. Et ce moyen, c’est la consommation, le marché intérieur que représente la France, (ou mieux, l’Europe qui pèserait encore plus, si on faisait ça à plusieurs). C’est notre marché intérieur qui les fait vivre, ces firmes non ? Et c’est aussi la publicité, parce que ces firmes ont besoin de présence publicitaire.

Ce sont eux nos moyens de pression : notre MARCHÉ INTERIEUR, et nos INFRASTRUCTURES MEDIATIQUES. Imaginez la tête de Jeff Bezos, si demain l’Europe lui disait : « Ah mais non, en Europe, pour avoir le droit de vendre des marchandises et de faire de la publicité, il faut respecter l’environnement, et offrir de bonnes conditions de travail : pas d’entrepôt sur les terres cultivables, des poses de 15mn, toutes les 2h, des crèches gratuites sur le lieu de travail, des mutuelles, sinon vous prenez 3 points de TVA et vous n’avez pas le droit de faire de la publicité ».

Ce serait un peu brutal n’est-ce pas, ça créerait des tensions. Mais on pourrait faire ce genre de chose progressivement. Pensez-vous que ces firmes renonceraient au marché européen ? au risque de voir un concurrent européen les dépasser ?

Vincent Rey,
findutravail.net

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