En avant toute vers l’Apartheid économique, avec Bolsonaro.

Jaïr Bolsonaro, vient d’être élu au brésil par 55% des suffrages ! Le Brésil était pourtant le B des BRICS, ce pays qui était, selon les dires de certains économistes, le « fer de lance » d’un capitalisme nouveau, et une base solide de la croissance mondiale…

Le capitalisme après un « big bang » de 2 siècles favorisant l’émergence de la démocratie, aurait-il entamé un « big crunch » liberticide ?

Après le Brexit du Royaume Uni, après Donald Trump aux USA, après Orban en Hongrie, Duterte aux Philippines, Poutine en Russie, Salvini en Italie…Voila maintenant Jaïr Bolsonaro au Brésil en 2018. Tandis qu’en Allemagne (un pays que l’on dit pourtant en pleine réussite économique) des députés de Alternative für Deutchland entrent au parlement des « lander », les uns après les autres…

Le programme de Bolsonaro : l’ultra-libéralisme, et des mesures encore plus violentes contre la délinquance, alors que selon France24, la police a déjà tué plus de 11000 personnes ces 5 dernières années. L’inefficacité de la répression n’a pas découragé les brésiliens. En élisant Bolsonaro, ils montrent que l’efficacité n’est pas ce qu’ils cherchent : à l’image de Laurent Wauquiez en France, Bolsonaro veut surveiller les quartiers pauvres, et donner le change à la haine entre classes, qui se développe dans le pays.

Depuis la crise de 2008, les tensions se multiplient. Beaucoup de pays se sont lourdement endettés pour sauver les banques. Les milliards d’argent public ont valsé sans compter, pour sauver le capitalisme, et son système sanguin la finance. Dix ans plus tard, ce renflouage colossal est une histoire oubliée. Les citoyens doivent être tenus responsables des frasques de la finance, à la place des banques, et ce sont eux qui doivent payer, pour combler tous les déficits.

La révolution technologique aggrave encore la situation. En France, malgré un nombre de création d’emplois sans précédent depuis des dizaines d’années, le chômage repart à la hausse. La rareté du travail continue d’accroître les inégalités, tandis que l’activité, devenue très mobile et pauvre en emploi, s’installe ici ou s’en va ailleurs, n’importe où à la surface du globe, au gré du « moins-disant » salarial et environnemental.

Dans les cités en France, dans les favelas au Brésil, beaucoup vivent l’exclusion depuis trop longtemps. N’espérant plus subsister autrement que dans l’illégalité, ils défient désormais les représentants de l’Etat, ou bien entrent dans une sorte de « déficit d’existence », une disposition psychologique favorable à la recherche de « boucs émissaires » : juifs, mécréants, musulmans, noirs, femmes, ou homosexuels, sont tour à tour la cible d’attaques terroristes.

Dans cette sorte de déni, consistant à ne pas voir dans l’investissement mondialisé dépourvu de toute composante morale, la source de la plupart des problèmes, la recherche de coupables gagne le champ collectif. Des régions riches en ont marre de payer pour les régions pauvres (Catalogne, Lombardie, Californie, Royaume Uni vis à vis de l’Europe), et des mouvements autoritaires gagnent la faveur des peuples, visant secrètement, sous le prétexte de défendre la légalité, l’ « APARTHEID » économique.

Pour tous les observateurs de ce mouvement mondial de l’opinion, l’élection de Jaïr Bolsonaro n’est donc pas une surprise. Souhaitons que tout comme Donald Trump, il échoue au plus vite dans son entreprise, pour que les brésiliens et le monde acceptent enfin de mettre le capitalisme sur la sellette, et que l’on passe à autre chose.

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