Cesar Sayoc, un homme de plus, que le capitalisme a rendu fou.

On en sait plus sur Cesar Sayoc, l’emetteur probable des 13 colis piégés, contenant des explosifs, envoyés à divers responsables démocrates, dont Hilary Clinton, et B Obama, G Soros…

L’homme est à ranger dans la catégorie des terroristes, même s’il est présenté comme un « déséquilibré », en vertu du principe généralement admis, qu’ hors de l’islamisme, il ne saurait y avoir de terrorisme.

Selon un article du Washington Post, Cesar Sayoc, 56 ans, a enchaîné des petits jobs. Ses cousins et proches disent qu’il aurait ingurgité pas mal de steroïdes, et qu’il est « musclé comme une bête ». Il aurait exercé pendant un temps un emploi de strip-teaser masculin, aurait aussi menacé en 2002 d’attenter à l’alimentation électrique de la Floride. Dernièrement, il était livreur de pizzas, avec son véhicule personnel, un van blanc décoré d’images bizarres, des mannequins et des poupées sans têtes, ainsi que des représentations du Klu Klux Klan, que son manager lui demandait de cacher, lors des livraisons, pour ne pas faire mauvais effet.

Depuis la candidature de Trump, Sayoc donnait l’impression de « se lâcher », affirmant en particulier que « s’il n’en tenait qu’à lui, pas un seul de ces gays ou noirs ne resterait vivant ».

Bref, tout le profil d’un individu « largué » par la société capitaliste, en mal d’existence médiatique, fournissant depuis quelques années les rangs de terrorismes en tous genres, islamiste, incel, antisémite, suprématiste, anti-establishment…

On ne peut qu’être frappé de la ressemblance de Sayoc avec Thomas Mair, l’assassin anglais de la députée Jo Cox, peu avant le vote pour le Brexit. La même errance professionnelle, la même rancœur que vient libérer soudain, une proposition politique racoleuse, libérant tout à coup la violence.

Cesar Sayoc, par chance pour lui, n’a pas de sang sur les mains, car semble-t-il, certains de ses engins auraient vraiment pu exploser. Il serait cependant plus que temps d’accepter de voir, dans les multiples dimensions du terrorisme, la responsabilité du capitalisme, en dénonçant en particulier deux de ses aspects :

  • sa propension à faire disparaître le travail,
  • et l’aliénation que produit la culture de la publicité

Un cocktail explosif,  donnant l’impression aux individus modestes qu’ils ne sont rien, qu’ils sont persécutés, seuls au monde, et qu’ils ne peuvent renouer avec une forme de réciprocité(1) avec la société que par le seul moyen de la violence.

Vincent Rey, findutravail.net

(1) en référence avec les 3 formes de réciprocité, qu’évoque fréquemment P Joion : l’absence de réciprocité (tu n’es qu’un chien), la réciprocité positive (si on te donne une claque, tends l’autre joue), et la réciprocité négative (oeil pour oeil, dent pour dent)

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