En avant toute vers l’Apartheid économique, avec Bolsonaro.

Jaïr Bolsonaro, vient d’être élu au brésil par 55% des suffrages ! Le Brésil était pourtant le B des BRICS, ce pays qui était, selon les dires de certains économistes, le « fer de lance » d’un capitalisme nouveau, et une base solide de la croissance mondiale…

Le capitalisme après un « big bang » de 2 siècles favorisant l’émergence de la démocratie, aurait-il entamé un « big crunch » liberticide ?
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Robert Bowers : 11 morts dans une synagogue à Pittsburgh. Vers un terrorisme quotidien ?

Les attaques se multiplient aux USA.

Vendredi , on arrêtait Cesar Sayoc, qui avait laissé ses empreintes digitales sur un des colis explosifs, destinés à diverses personnalités démocrates de haut rang, dont B Obama et H Clinton.

Aujourd’hui dimanche, on connait l’identité de l’auteur d’une attaque suicide contre une synagogue à Pittsburgh, qui a fait 11 morts, dont 4 policiers. Un chauffeur de poids-lourd, nommé Robert Bowers, 46 ans, qui ressassait des idées antisémites sur son réseau social suprématiste favori, et qui s’est subitement radicalisé.
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Cesar Sayoc, un homme de plus, que le capitalisme a rendu fou.

On en sait plus sur Cesar Sayoc, l’emetteur probable des 13 colis piégés, contenant des explosifs, envoyés à divers responsables démocrates, dont Hilary Clinton, et B Obama, G Soros…

L’homme est à ranger dans la catégorie des terroristes, même s’il est présenté comme un « déséquilibré », en vertu du principe généralement admis, qu’ hors de l’islamisme, il ne saurait y avoir de terrorisme.

Selon un article du Washington Post, Cesar Sayoc, 56 ans, a enchaîné des petits jobs. Ses cousins et proches disent qu’il aurait ingurgité pas mal de steroïdes, et qu’il est « musclé comme une bête ». Il aurait exercé pendant un temps un emploi de strip-teaser masculin, aurait aussi menacé en 2002 d’attenter à l’alimentation électrique de la Floride. Dernièrement, il était livreur de pizzas, avec son véhicule personnel, un van blanc décoré d’images bizarres, des mannequins et des poupées sans têtes, ainsi que des représentations du Klu Klux Klan, que son manager lui demandait de cacher, lors des livraisons, pour ne pas faire mauvais effet.

Depuis la candidature de Trump, Sayoc donnait l’impression de « se lâcher », affirmant en particulier que « s’il n’en tenait qu’à lui, pas un seul de ces gays ou noirs ne resterait vivant ».

Bref, tout le profil d’un individu « largué » par la société capitaliste, en mal d’existence médiatique, fournissant depuis quelques années les rangs de terrorismes en tous genres, islamiste, incel, antisémite, suprématiste, anti-establishment…

On ne peut qu’être frappé de la ressemblance de Sayoc avec Thomas Mair, l’assassin anglais de la députée Jo Cox, peu avant le vote pour le Brexit. La même errance professionnelle, la même rancœur que vient libérer soudain, une proposition politique racoleuse, libérant tout à coup la violence.

Cesar Sayoc, par chance pour lui, n’a pas de sang sur les mains, car semble-t-il, certains de ses engins auraient vraiment pu exploser. Il serait cependant plus que temps d’accepter de voir, dans les multiples dimensions du terrorisme, la responsabilité du capitalisme, en dénonçant en particulier deux de ses aspects :

  • sa propension à faire disparaître le travail,
  • et l’aliénation que produit la culture de la publicité

Un cocktail explosif,  donnant l’impression aux individus modestes qu’ils ne sont rien, qu’ils sont persécutés, seuls au monde, et qu’ils ne peuvent renouer avec une forme de réciprocité(1) avec la société que par le seul moyen de la violence.

Vincent Rey, findutravail.net

(1) en référence avec les 3 formes de réciprocité, qu’évoque fréquemment P Joion : l’absence de réciprocité (tu n’es qu’un chien), la réciprocité positive (si on te donne une claque, tends l’autre joue), et la réciprocité négative (oeil pour oeil, dent pour dent)

Capitulation en rase campagne du PDG de Radio France

Il y a une semaine de cela, je m’étonnais de voir combien l’anniversaire des 50 ans de la première publicité télévisée, avait donné lieu à si peu d’analyse (1). La publicité doit-elle rester hors de l’analyse des problèmes qui nous touchent aujourd’hui ? environnement, culture,  atteintes aux femmes ?

En matière d’Environnement, au moins, la question méritait d’être posée. 15000 scientifiques du monde entier, ne nous avaient-ils pas rappelés en 2017 que nous sommes sur une « trajectoire de collision avec notre environnement », enjoignant l’Humanité à passer le plus vite possible, à un mode de vie plus sobre ?

Or la publicité ne vise-t-elle pas au contraire à nous faire consommer d’avantage, et donc à nous rendre moins sobre ?

L’intervention de Sybille Veil, PDG de Radio France ce mercredi 10 octobre(2) est pour le moins choquante, lorsqu’elle dit « pour moi la publicité qui est sur nos antennes, ce n’est pas un sujet (…) ». Car s’il devient de plus en plus clair, que nous devrons mener une guerre pour la sauvegarde de l’Environnement, la déferlante de publicité depuis 2 ans sur les ondes de France-Inter révèle une très grande contradiction : d’un côté la chaîne se positionne clairement en faveur de l’environnement, de l’autre, elle livre ses ondes à la publicité, ce qui va manifestement à l’encontre de cette ambition de sobriété.

On a en outre appris que cette publicité « dynamique » (ce sont ses termes) sur France Inter, avait rapporté plus de 42 millions d’euros, qui sont très utiles, nous dit Mme Veil, « pour qu’on ait des ressources suffisantes pour proposer des programmes de qualité », avant d’ajouter « C’est le succès qu’on a eu qui nous permet d’avoir des recettes dynamiques…et je trouve que nous inciter à avoir du succès, c’est quelque chose qui est plutôt positif ». De tels propos sont d’une hypocrisie consommée, pour les gens de mon âge, qui ont vu le déclin qualitatif de TF1…

S’il y a bien un lieu où la publicité devient insupportable, c’est sur le service public, car l’auditeur de France-Inter qui paie sa redevance a inévitablement l’impression qu’elle profite en partie à des sociétés privées. Il participe déjà au financement de la publicité, généralement à hauteur de 2% sur le montant de sa consommation, ce qu’il est déjà en droit de trouver inutile. Mais il y participe une seconde fois en payant sa redevance, qui devient alors, une sorte de subvention pour ces annonceurs.

Pourtant, selon Sybille Veil, la publicité « ne gênerait pas l’écoute, c’est ce que nous disent nos auditeurs, dans les différentes enquêtes qu’on a pu mener depuis 2 ans, depuis que les règles ont changé sur la publicité (…) ». On demande à lire ces enquêtes, car si jamais cette affirmation n’était pas vérifiée, Mme Veil aurait utilisé elle-même un procédé publicitaire, en brandissant mensongèrement cette majorité…(3)

Une bien drôle de façon de « remettre le public, au centre de notre attention« . Mais on comprend très bien que c’est le public de consommateurs qui est désormais le centre de l’attention de Radio France, et non pas le public de terriens.

Appelons cela plutôt une capitulation en rase campagne de Radio France, devant les dégâts futurs du capitalisme publicitaire et financier.

(1) Il y a 50 ans, en 1968, la première publicité télévisée…
(2) « l’INSTANT M », France Inter Mercredi 10 octobre
(3) Faire valider mensonge en prétendant qu’une majorité y croit, est un procédé classique de ce que Noam Chomsky nomme la « fabrication du consentement »

Il y a 50 ans, en 1968, la première publicité télévisée…

Ne faut-il pas voir, dans la publicité, la principale machine à produire de l’ignorance ? Toute cette « niaiserie » culturelle, que l’on doit à la publicité, encore embryonnaire  en 1968, que nous a-t-elle apporté ?

Je trouve pour ma part très étonnant, que ce 50ème anniversaire ait donné lieu à si peu de discussion. Car à l’heure où l’on parle de sobriété énergétique, de sobriété en matière de consommation aussi, c’était précisément le moment de s’interroger sur le rôle de la publicité, dans notre MANQUE de sobriété.

Cette première publicité, montrait un homme se levant le matin. Emporté par sa passion du Boursin, il s’élance frénétiquement vers son frigidaire, en criant « du boursin, du boursin ». Que va-t-il faire ? la publicité s’arrête au moment où la porte du frigidaire s’ouvre. On imagine qu’il va se jeter sur les fameux fromages, et s’en goinfrer.(0)

Or on a tous observé, en passant devant un « fast-food », que des gens (influençables) mangent maintenant à toute heure de la journée, et même pour se distraire. Qu’est ce qui a produit cela, sinon la publicité ? N’est ce pas grâce à elle que les bonnes règles de vie, consistant à se nourrir à heure fixe ont été abolies ? Selon l’OMS, il y avait 108 millions de diabétiques dans le monde en 1980, ils étaient 422 millions en 2016. Ne doit-on pas, au moins une partie de cette épidémie à la publicité ? Un joli cadeau, qu’elle nous a fait là, d’influencer les gens, pour qu’ils se rendent malades…(1)

On voit aussi dans ce petit reportage, les premiers seins nus, apparaissant en 1973 dans une publicité pour les collants DIM à la télévision. En dehors de toute considération d’ordre moral, au nom de laquelle « on ne montrerait pas ses seins, car ce n’est pas convenable », ne faut-il pas voir là le début de la marchandisation du corps des femmes ? Et comment ne pas voir la contradiction qu’il y a à vouloir lutter pour la condition des femmes, lorsqu’en même temps, on accepte que des ressources énormes soient consacrées à les réduire à des objets de désir déshumanisés : un corps, des seins, des fesses… ? Il serait peut-être un peu exagéré de dire, qu’on les a rabaissées au niveau du « boursin », mais pas tant que ça…

Ce qui était en 1968 à l’état embryonnaire, a pris aujourd’hui les dimensions d’une véritable folie collective. La publicité inonde littéralement tous les canaux de communication, radio, télévision, internet… le matraquage culturel est permanent. La croissance est-elle à ce prix ? Mais quelle société bâtissons-nous alors, si la croissance est à ce point artificielle ? Jusqu’à quel niveau d’aliénation, et de folie consumériste irons-nous ?

Il faut remarquer aussi, que la télévision des premiers âges existait sans avoir besoin des moyens financiers extraordinaires qu’elle exige aujourd’hui. On vient d’apprendre que la journaliste de Canal+  Maïtena Biraben vient de récupérer 3.3 millions d’euros au Prud’hommes, pour avoir été licenciée. Comment un préjudice de licenciement peut-il valoir à lui seul une telle somme, grâce à laquelle elle n’aura plus besoin de travailler pendant toute sa vie ?! C’est à la publicité qu’on le doit. Sans la publicité, à laquelle les émissions de Maïtena Biraben servaient d’intermèdes, le salaire pour son poste n’aurait jamais atteint un tel niveau (2). Il aurait été au niveau des salaires du début de la télévision, avant l’arrivée de la publicité.

Enfin il est inutile de préciser que lorsqu’un média culturel comme la télévision, est à ce point livré à la fonction de « faire valoir » des produits ou des services, il ne faut pas s’attendre à ce que ce média diffuse autre chose que des émissions racoleuses. C’est au contraire une véritable concurrence au racolage entre les médias qui s’installe pour attirer cette manne. Dans les foires d’autrefois, des gens peu scrupuleux exhibaient des femmes à barbe, des nains, ou des gens malade comme celui qui a inspiré le personnage de « The Elephant Man » (David Lynch, 1980). L’accaparement de la manne publicitaire induit le même genre de racolage dans les programmes : pendant qu’une chaîne montrera un personnage de télé-réalité en  train de manger ses crottes de nez, une chaîne concurrente fait inévitablement de la surenchère en montrant Loana et Jean-Edouard faisant l’amour dans une piscine. Une troisième exhibera des gens rendus fous par la publicité elle-même, au point d’en être devenus spectaculaires, par exemple des gens capables de manger 50 hamburgers d’affilée !

La publicité « dope » la production de l’ignorance. La sobriété attendra (avec l’effet de serre et tout le reste) que d’autres que moi s’émeuvent de cette absurdité.

(0) Cette première publicité avait le mérite de faire apparaître le rêve des fabricants en clair : il s’agissait de rendre FOU le consommateur. Quelques temps plus tard, S. Dali et ses moustaches entortillées ne nous disait-il pas « je suis FOU du chocolat Lanvin ».

(1) et qu’elle nous fait payer, car qui paie ces 3.3 milliards, évoqués dans ce petit reportage ? .. Le consommateur.

(2) Le salaire de Beraben à Canal + m’est inconnu, mais comme dans tout litige au Prud’Hommes, j’imagine qu’il a servi de base pour estimer son préjudice.