Richard Ferrand Président de l’Assemblée Nationale ? Mais d’où vient cette odeur de pourri ?

Les députés EN MARCHE viennent de se déshonorer, en proposant Richard Ferrand comme candidat à la PRESIDENCE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE. Rappelons que le Président de l’Assemblée Nationale, est le 4ème plus haut personnage de l’Etat français, dans l’ordre de la préséance (0) !

Où est-elle, la République exemplaire promise par Emmanuel Macron, à l’heure où Nicolas Hulot dénonce les pressions de toutes sortes, si on laisse s’asseoir, dans le fauteuil le plus symbolique de notre démocratie, un affairiste véreux comme M Ferrand ?

On se souvient de M Macron, en déplacement à Lunel, confronté à un passant qui lui faisait part de son « raz le bol », et à qui il avait répondu « le meilleur moyen de se payer un costar, c’est de travailler ! ». Apparemment non. En tout cas, pas pour l’entourage de M Ferrand, pour qui le délit d’initié juteux a l’air d’être nettement plus lucratif ! Le futur Président de l’Assemblée Nationale est impliqué dans une affaire qui, si elle n’est pas illégale, sent très mauvais, et on est en droit d’estimer que c’était déjà faire preuve d’une grande mansuétude, que de le laisser présider le groupe de députés « La République En Marche », avec des casseroles pareilles au derrière ! Il faut croire que le score élevé de l’extrême droite, aux dernières présidentielles, n’a pas servi de leçon…

Rappelons donc les faits : M Ferrand a signé DE SA MAIN en 2010 un compromis de vente, pour un ensemble de locaux, qu’il jugeait appropriés pour les Mutuelles de Bretagne dont il était le Directeur Général. Et comme il ne pouvait pas en prendre possession lui-même, ce qui aurait dévoilé un conflit d’intérêt, il a jugé utile d’en faire profiter sa compagne Mme Doucen (avec qui il a une fille).

Le compromis de vente mentionnait 2 conditions, de sorte à ne pas prendre le moindre risque :

1 / Une SCI (Société Civile Immobilière) devait se créer, pour prendre possession de ces locaux. (celle que sa compagne Mme Doucen allait créer tout à coup par exemple..)

2 / Un bail devait être signé entre cette SCI, et les Mutuelles de Bretagne (après que M Ferrand et ses associés aient décidé, en toute impartialité bien sûr, qui remporterait l’appel d’offre…).

Une SCI nomée SACA se crée effectivement tout à coup le 28 février 2011, lorsque Mme Doucen qui n’a aucune expérience dans l’immobilier, remporte l’appel d’offre lancé par les Mutuelles de Bretagne. Un coup de maître, pour une entreprise si nouvelle, tellement nouvelle qu’elle n’existait pas encore ! Mme Doucen en détient presque tout le capital : 99%, le 1% restant appartenant à la fille de M Ferrand et de Mme Doucen. Le bail est une formalité, lorsqu’on travaille ainsi en famille, on est prêt à faire des concessions, et en effet, les Mutuelles de Bretagne vont en faire, puisqu’elles vont prendre en charge tous les travaux (!)

ET VOILA, comment les loyers des Mutuelles de Bretagne atterrissent en douceur sur le compte de la SCI de Mme Doucen, dont elle perçoit les bénéfices confortables, pour le confort douillet de M Ferrand, de Mme Doucen, et de leur fille ! La SCI prospère gentiment grâce aux loyers de la Mutuelle; elle a acquis selon « Le Monde » en 2013 un appartement parisien de 353 000 euros(1).

François Fillon (2) n’était donc pas seul, à pratiquer ces petits arrangements familiaux…Qui a dit que c’était dur les affaires ? il faut bosser, se retrousser les manches, et bosser pour se payer un costar ! Mais d’où vient cette odeur de pourri, au plus haut niveau de l’Etat ?

Les lobbies seront sûrement contents de savoir qu’il y a à la tête de l’Assemblée Nationale, quelqu’un d’aussi « réceptif » à ses propres intérêts.

Vincent Rey, 10 septembre 2018

(0) hiérarchie symbolique définissant l’ordre des personnalités officielles lors des cérémonies publiques

(1) L’affaire Ferrand en 5 points, article du Monde, mise à jour de 2018.

(2) la société 2F Conseil de François Fillon, jadis florissante (768 000 euros de traitements), a maintenant déposé le bilan ! Les facultés de conseil de M Fillon, si prisées autrefois, auraient-elles cessé d’avoir tout intérêt ? Non…c’est juste qu’il y a plusieurs sens au mot « intérêt »…

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