Thomas Mair, assassin de la députée Jo Cox pendant la campagne du Brexit.

Thomas Mair, 53 ans était jardinier au chômage, isolé et asocial. On sait qu’il était sensible de longue date aux thèses racistes des suprématistes blancs, car il était abonné à une revue pro-apartheid.

Le 16 juin à Birstall (nord de l’Angleterre), en pleine campagne électorale pour le  « Brexit », il assassine dans la rue la députée anglaise Jo Cox au cri de « Britain First ! », en lui tirant dessus à 3 reprises avec un pistolet, puis en lui assénant 15 coups de couteau en différents endroits vitaux du corps. Immédiatement après le crime, la presse évoque « l’acte d’un déséquilibré ».

Lors de son procès, Thomas Mair est resté totalement silencieux. Jugé responsable de ses actes, il purge maintenant une peine de prison à perpétuité.

Ce crime rappelle le scénario du film de Scorcese « Taxi driver ». Comme le personnage joué par Robert de Niro dans le film,  Thomas Mair, professionnellement isolé, et seul dans sa vie, s’est projeté dans un univers de haine et de violence, pour combler une sorte de « déficit d’existence ».

Il mûrissait certainement son projet criminel dans la solitude, lorsque survint la campagne pour le Brexit, et sa propagande isolationniste visant l’Europe et les étrangers. Cette campagne aux relents xénophobes a certainement contribué à abattre ses derniers scrupules. Ne se sentant plus seul, cherchant à exister à tout prix, la balance a alors penché du côté de son envie d’être un justicier pour l’Angleterre.

Cet assassinat ne peut pas être imputé totalement au capitalisme. Cependant, comme les cancers, pour lesquels existe souvent une prédisposition génétique, que vient ensuite renforcer de mauvaises habitudes, ou un environnement favorable, le contexte dans lequel évoluait Thomas Hair (chômage, isolement social, « déficit d’existence » dans un univers qui ne cesse de glorifier l’argent, et de mettre en avant la fécondité) a certainement joué un rôle dans son passage à l’acte.

Une éducation défaillante, et peut-être une intelligence médiocre, constituaient sa prédisposition. L’environnement capitaliste a renforcé chez lui le sentiment de son « inexistence ». Enfin la propagande pour le Brexit, l’appel à se libérer d’un interdit en s’affranchissant de l’étranger, ont abattu ses dernières barrière morales. Il s’est alors affranchi individuellement, en s’appuyant sur ce mouvement collectif.

Plus que jamais, nous devons essayer de comprendre ce qui mène au terrorisme.

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